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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 15:21

Stadshuset_hall-bleu.jpgLes paris sont lancés auprès des élèves et anciens élèves de la classe préparatoire ENS Spé du lycée La Martinière Duchère. Rappelons que le vainqueur remportera un t-shirt "Prépa ENS Spé - Lycée La Martinière Duchère". Votre professeur d'économie mise sur Robert Barro. En commentaire de ce billet, mettez vos propositions (soyez raisonnables, proposez un ou deux noms, sans mentionner des noms déjà retenus). Tout commentaire vaut participation à ce petit jeu.

 

Résultats : aucun gagnant à ce petit jeu interne; aucun t-shirt ne sera réalisé cette année.

 

En 2011, les deux prix Nobel d'économie sont :

 

        Thomas J. Sargent et Christopher A. Sims

 

Vous trouverez une explication simplifiée mais fiable de leurs recherches en Anglais ici ou en Suédois ici. Pour un travail moins vulgarisé, vous pouvez vous reporter à ce document-ci.

 

 

PS : En image, l'hôtel de ville de Stockholm où se déroule la remise des prix.

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Prepa ENS Spé - dans Economie
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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 20:33

Chers lecteurs,

 

J'ai trouvé au hasard de mes recherches sur internet cette vidéo remarquable, conçue conjointement par un économiste (Russ Roberts) et un réalisateur (John Papola), qui confrontent deux positions idéologiques majeures de l'économie, celle de John Maynard Keynes. Si ces deux noms sont familiers aux économistes, le permier jouit probablement d'une notoriété plus grande que celle de son confrère,  c'est pourquoi la vidéo s'ouvre sur une boutade qui est le reflet des différences de réputation des deux économistes*, avant de poursuivre par un rap... inattendu en économie!

 

Cette vidéo s'intitule "Keynes vs Hayek ; fight of the century". Elle renvoie à une opposition vigoureuse en 1931 entre Hayek et Keynes sur les causes de la crise de 1929 et les politiques économiques à mettre en oeuvre consécutivement au choc financier. Quoique la vidéo ne le laisse pas entendre, l'objet de leur controverse portait sur les mécanismes de coordination de l'épargne et de l'investissement, explicatifs de cette crise. Et nous allons voir qu'in fine, l'un considère que la crise vient d'une insuffisance de la demande, l'autre d'un excès des capacités de production...

 

Revenons sur l'origine de cette discorde : il vous appartient de choisir l'explication qui vous convainc le mieux.

 

Keynes > Une crise liée à l'insuffisance de la demande...

 

Comme l'expose J M Keynes dans son ouvrage A treatise on money paru en 1930, l'épargne serait un reliquat, c'est-à-dire la part du revenu non allouée à la consommation. Au niveau agrégé, S (l'épargne agrégée) = Y (la richesse nationale) - C (la consommation agrégée). Par ailleurs, dans une économie fermée, les déterminants de la demande globale sont l'investissement (I) et la consommation (C). D'où, Y = C + I . Si l'épargne est excédentaire par rapport à l'investissement (en raison d'incertitudes économiques conduisant les ménages à accroître leur épargne de protection ou en raison de la loi psychologique fondamentale selon laquelle un accroissement des richesses en période de prospérité entraînera une augmentation moins que proportionnelle de la consommation), alors S > I, d'où Y - C > I, c'est-à-dire Y > C + I. La demande effective est insuffisante et ne permet pas d'écouler toute la production (résumée au travers de la richesse nationale, approximativement la somme des valeurs ajoutées par l'ensemble des agents productifs). Les prix et les profits chutent : c'est la récession.

 

Hayek > Une crise liée aux sur-capacités de production...

 

Pour F. v Hayek, l'épargne devrait être un acte volontaire, reflet d'un arbitrage rationnel entre une consommation immédiate et une consommation future procurant un bien-être supérieur. Cette épargne volontaire doit être mobilisée au service du financement de l'investissement. Or, les banques des années 1920 ont eu excessivement recours au crédit pour financer les investissements - ce qu'Hayek considère comme une politique monétaire laxiste de la part des banques commerciales qui ont ainsi maintenu artificiellement bas les taux d'intérêt.- La multiplication des sources de financement a conduit à un taux d'investissement déraisonnable, et par voie de conséquence, à une sur-capitalisation de la structure de production. Par sur-capitalisation de la production, il faut entendre, selon les termes d'Hayek "une organisation telle que, à tout moment, les ressources dispoinbles sont employées à la satisfaction des besoins plus éloignés dans l'avenir qu'auparavant", car l'investissement est fondamentalement une renonciation à une production immédiate en vue d'une production future plus profitable. Quant aux ménages, ils n'ont pu constituer une épargne volontaire, ce qui les encourage dans l'immédiat à accroître leur consommation. D'où un effet temporairement inflationniste. En volume, la consommation est constante, mais en valeur réelle, elle diminue; c'est ce qu'Hayek nomme l'épargne forcée. Sur-investissement d'un côté, épargne forcée de l'autre; le dénouement passe par une crise économique qui permettra le rééquilibrage des prix relatifs des biens de consommation et de production.

 

 

Le débat vous semble complexe? Il est loin d'être achevé. Une même verve anime les deux économistes lorsqu'il s'agit d'évoquer les solutions de politiques économiques à la grande dépression des années 1930. Voilà le thème de la vidéo et le refrain de ce rap qui rappelle que la joute est aussi idéologique, puisqu'elle confronte un économiste favorable à l'interventionnisme politique en matière économique à un auteur libéral.  A vous de juger...

 

 

 

Pour en savoir plus sur la conception de cette vidéo, et découvrir l'étonnement de Joseph Stiglitz ou de Ben Bernanke à qui ce rap économique a été présenté... cliquez ici.

 

Pour découvrir une vidéo d'Hayek vilipendant toujours l'action de Keynes au Trésor, cinquante ans après la mort de ce dernier, cliquez ici.

 

* Rappelons également que Keynes a été promu Lord à l'initiative de Winston Churchill en 1940.

 

 

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Prepa ENS Spé - dans Economie
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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 16:12

 

 

Introduction générale au cours d'AMPE

 

 

Problématique : Comment l'État exerce-t-il ses prérogatives de puissance publique en matière économique ?

 

 

Section 1: L'allocation des ressources

 

Qu'est-ce que l'allocation des ressources? Qu'est-ce que la rareté des biens économiques?

 

 

Chapitre 1: La régulation de l'activité marchande.

 

Distinction activité marchande / non marchande

Centralisation / Décentralisation de l'information

Rôle des prix

 

I- La régulation des prix

 

                                                                  1.1. Les politiques dirigistes.

                                                                  1.2. Les mesures prophylactiques.

                                                                  1.3. Les politiques environnementales.

 

II- La régulation des acteurs.

 

                                                                  2.1. Les politiques de la concurrence.

                                                                  2.2. Les politiques de déréglementation sectorielle.

 

 

Chapitre 2: Le déploiement des services publics.

 

I- La création du service public.

 

             1.1. La production de biens collectifs.

             1.2. La révélation des préférences collectives.

 

II- Les difficultés de gestion des biens collectifs.

 

                                                             2.1. La critique bureaucratique.

                                                             2.2. Les risques liés aux asymétries d'information.

 

 

Chapitre 3: L'encadrement des échanges commerciaux internationaux.

 

La mondialisation: approche conceptuelle et historique.

La division internationale du travail: facteurs de spécialisation internationale et portée politique.

 

 

                                               I- Les arguments en faveur du libre-échange.

 

                                                             1.1. L'abondance universelle.

                                                             1.2. L'égalisation du prix des facteurs.

                                                             1.3. Le paradoxe de la justice divine.

 

                                               II- Les limites du libre-échange.

 

                                                             2.1. La stabilité dans le temps de l'avantage comparatif.

                                                             2.2. Le paradoxe de Léontief.

                                                             2.3. La croissance appauvrissante.

 

 

                                               III- La politique commerciale des États.

 

                                                             3.1. Le patriotisme économique offensif.

                                                             3.2. Le patriotisme économique défensif.

                                                             3.3. L'intégration régionale.

 

 

Chapitre 4 : Les politiques structurelles de croissance.

 

                                              I- Une explication exogène de la croissance.

 

                                                             1.1. Les théories positives de la croissance exogène.

                                                             1.2. Les théories normatives de la croissance exogène.

 

                                              II- Une explication endogène de la croissance.

 

                                                              2.1. L'économie de la connaissance.

                                                              2.2. L'économie de l'innovation.

 

                                             III- Les problématiques de soutenabilité.

 

                                                              3.1. L'épuisement des ressources.

                                                              3.2. La plasticité sociale.

 

 

Section 2 : La redistribution des ressources.

 

 

Notion de bien social

Qu'est-ce qu'une politique sociale ?

Sources philosophiques : christianisme social, socialisme, solidarisme.

 

 

Chapitre 1 : La politique d'assurance sociale.

 

                                              I- La mutualisation des ressources.

 

                                                                 1.1. La socialisation des risques.

                                                                 1.2. Les problèmes liés aux asymétries d'information.

 

                                              II- Les domaines majeurs de la sécurité sociale.

 

 

                                                                 2.1. L'assurance chômage.

                                                                 2.2. L'assurance maladie.

                                                                 2.3. L'assurance vieillesse.

 

 

Chapitre 2 : La politique d'assistance sociale.

 

La notion de pauvreté.

Les indicateurs statistiques de pauvreté.

 

                                              I- Les politiques utilitaristes.

 

                                                              1.1. Le deuxième théorème de l'économie du bien-être.

                                                              1.2. La fonction d'objectif social de bien-être.

 

                                              II- Les politiques égalitaristes.

 

                                                              2.1. L'égalisation des dotations.

                                                              2.2. L'égalisation des capacités.

                                                              2.3. L'égalisation des chances.

 

                                              III- Les politiques contractualistes.

 

                                                              3.1. Le principe de maximin.

                                                              3.2. L'équité fiscale et sociale.

 

 

Section 3 :La stabilisation de l'économie.

 

Fluctuations et chocs

Équilibre macroéconomique : modèle IS-LM-BP

 

 

Chapitre 1 : Les politiques conjoncturelles de croissance.

 

 

                                           I- Les politique budgétaires expansionnistes.

 

                                                          1.1. Les principes budgétaires.

                                                          1.2. Les conditions d'efficacité de la politique budgétaire.

 

                                           II- Les politique monétaires expansionnistes.


                                                          2.1. Le marché monétaire.

                                                          2.2. Les canaux de transmission de la politique monétaire.

                                                          2.3. Les conditions d'efficacité de la politique monétaire.

 

                                           III- Les politiques de change.

 

                                                          3.1. Le régime de change.

                                                          3.2. Le marché des changes.

                                                          3.3. Les conditions d'efficacité de la politique de change.

 

 

Chapitre 2 : Les politiques de lutte contre l'inflation.

 

                                           I- La compréhension du phénomène inflationniste.

 

                                                              1.1. La mesure de l'inflation.

                                                              1.2. Les causes de l'inflation.

                                                              1.3. Les conséquences de l'inflation.

 

                                           II- Les mesures désinflationnistes.

 

                                                                 2.1. Les blocages des prix et des revenus.

                                                                 2.2. La politique monétaire restrictive.

                                                                 2.3. La désinflation compétitive.

 

 

Chapitre 3 : La régulation des marchés financiers.

 

 

Économie de marchés de capitaux et économie d'endettement

Désintermédiation financière

Rôle de la bourse 

 

    indicateur de conjoncture ;

    indicateur de valorisation des entreprises ;

    instrument de financement de l'activité économique ;

    instrument de couverture.

 

                                           I- La survenance des crises.


                                                                 1.1. Les causes réelles.

                                                                 1.2. Les causes monétaires.

                                                                 1.3. Les causes financières.

 

                                           II- La contagion des crises financières.

 

                                                                 2.1. La dispersion sectorielle.

                                                                 2.2. La dispersion géographique.

 

                                           III- Les moyens d'atténuation du risque systémique.

 

                                                                 3.1. La régulation micro-prudentielle.

                                                                 3.2. La régulation macro-prudentielle.

 

Section 4 :Les politiques de développement.

 

                                           I- Les justifications du sous-développement.

 

                                                                 1.1. Les explications économiques.

                                                                 1.2. Les explications non économiques.

 

                                          II- Les orientations des politiques de développement.

 

                                                                 2.1. Les modèles auto-centrés.

                                                                 2.2. Les modèles excentrés.

 

Section 5 : La gestion des finances publiques.

 

La notion de budget.

Les grands principes des finances publiques.

La loi de finance.

 

 

                                           I- La gestion dynamique du solde budgétaire/

 

                                                                 1.1. L'utilisation des excédents budégatires.

                                                                 1.2. Le financement des déficits budgétaires.

 

                                          II- La soutenabilité de la dette publique.

 

                                                                 2.1. Les cycles budgétaires.

                                                                 2.2. Les règles d'or.

 

Conclusion

 

Quelle marge de manœuvre pour l'Etat dans une économie libéralisée ?

 

> F. v. Hayek, Droit, Législation et Liberté.

 

> Ordolibéralisme.

 

> G. Burdeau : dialectique de l'ordre et du mouvement.

 

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Prepa ENS Spé - dans Economie
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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 15:05

Voilà un titre qui intriguera certains des lecteurs de ce blog, plutôt habitués à des exhortations permanentes au travail en vue de la réussite aux concours. Pourtant, en ce dimanche pluvieux, nous vous proposons un jeu intéractif élaboré par la Banque Centrale Européenne : €conomia. Imaginez-vous à la place du gouverneur de la BCE (en l'occurrence Jean-Claude Trichet pour ceux qui ne s'en souviendraient plus) et il vous appartient de faire varier les taux directeurs pendant huit ans afin de maintenir une stabilité des prix un peu en-dessous de 2% (l'objectif que s'est fixé cette institution monétaire). Un score vous est attribué en fin de jeu.

 

Econoeuro.jpg

 

Pour vous lancer , cliquez ici. Je vous invite à inscrire votre score en commentaire de ce billet. Votre professeur d'économie lui-même s'essaiera à ces hautes responsabilités fictives... mais peut-être adoptera-t-il un pseudonyme si son score n'est pas suffisamment probant...

 

Sinon, d'une difficulté très inférieure, mais assez intéressant d'un point de vue pédagogique pour apprécier les conséquences de l'inflation douce, rapide, de l'hyperinflation et de la déflation sur l'économie, la banque centrale européenne a aussi développé un autre jeu : Inflation Island. Vous pouvez l'expérimenter ici.

 

II.jpg

 

Un concours, c'est une préparation intellectuelle, méthodologique et psychologique sur la durée. A deux ou trois semaines des épreuves écrites pour nombre d'entre vous, sachez vous ménager lorsque le besoin se fait sentir.

 

Bon courage... et bon jeu.

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Prepa ENS Spé - dans Economie
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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 20:38

Philippe Aghion, professeur d'économie à Harvard, dont les étudiants de prépa ENS Spé ont pu apprécier divers travaux dans le cadre du cours d'Analyse Monétaire-Politique Economique, a été interrogé par Julia Cajé et Eric Monnet, intervenant pour laviedesidees.fr (site dédié à l'actualité des sciences sociales dont nous recommandons particulièrement l'exploration.)

 

L'interview peut être intégralement consultée ici. Nous n'avons retenu que quelques extraits qui complètent opportunément le cours d'AMPE et permettra à certains de mettre un visage sur un nom souvent cité à cette occasion.

 

Dans le premier extrait, Philippe Aghion revient sur les fondamentaux du modèle de Solow-Swan (1956) et en expose les limites. Il présente sommairement le basculement vers les modèles de croissance endogène et mentionne sa contribution de 1992 inspirée du processus de destruction-créatrice schumpétérien  (Philippe Aghion, Peter Howitt, A model of growth through creative destruction1992)

 

 

 

 

Dans le deuxième extrait que nous avons sélectionné, il précise l'enjeu des modèles de croissance endogène du point de vue de leurs perspectives de politique économique.

 

 

 

 

Dans ce troisième extrait, il met clairement en évidence l'utilité des marchés de fonds prêtables (pour financer et sélectionner les bons projets d'investissement, évitant ainsi une cristallisation des capitaux dans les entreprises moins novatrices) et évoque les risques liés à une pénurie des liquidités, situation où les investisseurs potentiels risqueraient d'être rationnés faute de crédits.

 

 

 

Enfin, un dernier extrait concernant l'influence de la recherche et de l'éducation sur la croissance économique. En cours, nous avons  porté notre attention sur les modèles de P. Romer (1986, 1990), Lucas (1988), Barro et Sala-i-Martin (1995). Philippe Aghion s'est lui aussi beaucoup intéressé à ces problématiques. Ses analyses ont d'ailleurs fait l'objet d'un publication pour un large public, en janvier 2004, dans un rapport du Conseil d'Analyse Economique intitulé Education et croissance (co-écrit avec Elie Cohen).

 

 

 

 

 

 Rendez-vous sur www.laviedesidees.fr si vous souhaitez approfondir ce sujet.

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Prepa ENS Spé - dans Economie
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 22:24

Sollicité régulièrement par les demandes de lycéens ou d'étudiants désireux de devenir trader (opérateur de marché en Français), y compris parmi les étudiants de la classe prépa ENS Spé, il m'a semblé opportun de consacrer un billet aux questions d'orientation dans le domaine de la finance de marché. Mon intention est triple :

 

1- ôter toute ambiguïté à l'expression "faire de la finance";

2 - lever les illusions de nombre de prétendants qui ne soupçonnent pas les difficultés du parcours;

3- proposer quelques perspectives professionnelles inattendues dans la finance... publique.

 

 

B-B.jpg

 

Mais selon la formule consacrée, ces écrits, moins impartiaux que d'ordinaire sur ce bloc-note électronique, n'engagent que leur auteur.

 

  1- Beaucoup me confient leur désir de "faire de la finance" sans avoir une idée claire de ce que recouvre cette expression. De manière assez paradoxale, la crise financière de 2008~2009 qui a conduit le public à vilipender les banques et les financiers, loin de détourner les élèves de ces secteurs, semble au contraire avoir suscité de nouvelles vocations. Si le critère pécuniaire prend une place non négligeable dans l'argumentation des étudiants, j'ai le sentiment que le goût du risque justifie également cet engouement. Les opérateurs de marché sont-ils les pilotes de l'aéropostale du siècle nouveau ?  Je laisse chacun libre de répondre à cette question.

 

 Quoi qu'il en soit, quand "on fait de la finance", c'est au titre de :

 

    - Trader (opérateur de marché), spécialisés par desk (produit financier, matière première ou secteur d'activité) et par fonction (spéculation, arbitrage, couverture -hedging-)

 

    - Broker (courtier) : négociant financier agissant généralement pour le compte d'un trader.

 

    - Market Maker (faiseur de marché) : commissaire priseur walrasien favorisant l'établissement d'un prix d'équilibre sur les marchés insuffisamment liquides .

 

    - Salesman ou Sales-trader (Vendeur négociateur) : vendeur de produits ou d'instruments financiers auprès de la clientèle des banques.

 

    - Financial analyst (analyste financier) : spéciliaste de l'examen des comptes des entreprises rédigeant des rapports pour le compte des traders ou des médias dédiés à la finance.

 

    - Portfolio manager (gestionnaire de portefeuille financier) : employé de banque contrôlant la rentabilité d'un portefeuille, sa diversification et réalisant les opérations courantes de gestion.

 

    - Cambist (cambiste) : sépculateur sur le marché des changes.

 

   - Opérateur de middle-office (opérateur réalisant le suivi de marché) : personne contrôlant la régularité des opérations réalisées par le front-office (au sein duquel travaillent les traders)

 

   - Opérateur de back-office (opérateur de service d'appui) : personne dont la fonction est essentiellement comptable, puisqu'il s'agit de donner les ordres de paiement, enregistrer les flux, facturer les commissions...

 

    Et il s'agit là d'une simplification de la réalité professionnelle... N'hésitez pas à demander d'éventuelles précisions en commentaires.

 

2- Peur ceux qui persistent à vouloir devenir trader ou broker, spécifiquement, disons d'emblée qu'en dépit du nombre de formations supérieures spécialisées dans la finance, très peu mènent leurs étudiants jusqu'à ces postes si convoités.

 

En France, les recruteurs demeurent très attachés aux diplômes étiquetés "grandes écoles" (Polytechnique, ENS, ENSAE, Centrale, HEC, ESCP principalement) ; les Masters de l'université Paris Dauphine constituent également une référence sérieuse. Si vous n'avez pas un baccalauréat général ou que vous n'êtes pas un ancien élève de l'un de ces établissements prestigieux, le défi n'est pas insurmontable mais il est... épique. Consolez-vous cependant en vous disant que les autres métiers de la finance recensés plus haut sont tout de même à votre portée (tout en étant moins rémunérateurs il est vrai.)

 

A l'étranger, c'est-à-dire sur les places financières internationales que sont principalement Chicago, New York, Londres, Francfort et Tokyo, le diplôme sera un peu moins déterminant, mais vos recruteurs s'assureront tout de même que votre niveau en mathématiques est suffisant. (Recrutement en anglais, of course!)  Les expressions : distribution de probabilité, équations différentielles, chocs stochastiques, mouvements browniens, value at risk, MEDAF par exemple ne doivent pas vous faire peur. Quant à la concurrence, elle sera impitoyable. [Lorsque la Deutsche Bank reçoit des dossiers de candidature, les aspirants qui ne téléphonent pas pour s'assurer de la bonne réception du dossier ou pour confirmer leur intérêt, ne sont pas mêmes convoqués. Leur dossier part illico à la poubelle. Telle est la première étape à franchir dans le long processus de recrutement établi par cette banque de renom. Certes, il suffit de le savoir... encore faut-il le savoir.] Ceux qui auront déjà travaillé dans les départements financiers des banques, des compagnies d'assurance ou des grandes entreprises auront évidemment de sérieux atouts à faire valoir par la suite.

 

Vous avez passé avec succès la petite dizaine d'entretiens individuels et collectifs ? Il vous faudra à présent montrer quelque temps votre dexterité en tant que market maker et réussir du premier coup un examen en droit de la finance (en anglais, again) qui vise à vous initier au droit des délits d'initiés justement !

 

3- Ce dernier paragraphe s'adresse à ceux qui aiment la finance de marché et d'entreprise, mais doutent de l'utilité sociale d'une telle profession ou se sentent investis d'une mission de défenseur du service public.

 

Je vous encourage alors à regarder du côté des concours de la Banque de France (adjoint de direction et rédacteur) ou de ceux de la Caisse des dépôts. Dans le premier cas, vous pouvez assumer des tâches diverses : analyse de la conjoncture, des risques associés aux instruments financiers, des risques systémiques et bancaires, conseils aux entreprises en difficultés... Dans le deuxième, vous mettez les mains dans le camboui financier, au nom toutefois de la gestion active de la dette publique française : emprunts obligataires, titrisation et échanges de taux (swap) n'auront alors plus de secrets pour vous.

 

  Puissent ces dernières lignes susciter quelques vocations.

 

 

PS : En photographie, l'ours (Bear, symbole de la baisse des cours) et le taureau (Bull, symbole de la hausse des cours) qui se confrontent devant la bourse de Francfort. 

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Benjamin Royannez - dans Economie
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 08:52

De même que nous avions proposé su ce blog un exemple d'introduction de dissertation de culture générale, nous mettons en ligne cette fois un exemple d'introduction de dissertation d'économie générale. Le sujet est le suivant :

 

La croissance des pays émergents est-elle pérenne ?

 

 

 Le « péril jaune » tant redouté des Occidentaux au cours du 20ème siècle sur le terrain politique pourrait bien se muer en une hantise diffuse de la prédominance économique de la Chine au cours du 21ème  siècle. Avec un PIB de 2668 milliards de dollars en 2006, un taux de croissance de 9,6% en 2008, la Chine, comme en 1955 à l'occasion de la conférence des pays non-alignés de Bandung, pourrait bien s'affirmer comme le fer de lance des pays en développement. Hissée au rang des pays émergents, le processus de rattrapage qu'elle a initié se maintiendra-t-il? Sans limiter notre analyse au cas de la Chine, nous nous interrogerons plus généralement sur la pérennité de la croissance économique des pays émergents.

Par ce dernier concept -dont il faut bien préciser qu'il n'a pas fait l'objet d'une normalisation internationale-, nous entendons l'ensemble des pays en développement présentant un taux de croissance élevé flirtant avec les 10%, ayant réussi à bancariser leur économie pour drainer une épargne essentiellement étrangère, et permettant ainsi de financer les investissements des entreprises exportatrices du pays -dont certaines sont d'ailleurs devenues des firmes multinationales à l'instar de Brésilien « Embraer » ou de l'Indien « Tata ». Quoiqu'inférieur à 15000$ annuel (seuil au-delà duquel un pays peut être considéré comme développé), leur PIB par habitant dépasse généralement les 8000 $ par an. Ce groupe a été identifié dès les années 1970 à travers l'expression « Nouveaux Pays Industrialisés ». Il rassemblait alors sous une même banière les « Dragons » asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong), auxquels se sont adjoints ensuite les Tigres (Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Philippines, Bruneï), puis les Jaguars (Mexique, Brésil, Argentine). Aujourd'hui, un nouvel acronyme semble prendre son essor et désigne de nouveaux chefs de file; c'est le groupe des « BRIC » qui désigne le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine.Ces quatre derniers pays ont incontestablement bénéficié, au cours des années 2000, de taux de croissance élevés. Rappelons que la croissance économique mesure, sur une période donnée, la variation de la création de richesses au sein d'un territoire, cette richesse étant évaluée à l'aide de indicateur comptable qu'est le Produit Intérieur Brut (PIB). Comme la croissance participe au développement des pays, la question de sa pérennité semble légitime. Mais faut-il interpréter cette pérennité comme une simple question de durée? Ou faut-il donner une couleur écologique à cet adjectif et aborder alors le problème sous l'angle de la durabilité? On aurait pu également traiter de la pérennité à l'aune des finances publiques des pays émergents, s'interrogeant dans ce cas sur la soutenabilité financière de la croissance. Compte tenu des entrées massives de capitaux et des réserves de change, cette dernière hypothès est néanmoins à exclure.  Il n'empêche que ce sujet nous amène à nous demander quels peuvent être les facteurs à risque susceptibles de ralentir le rythme de croissance des pays émergents. Pour répondre à cette problématique, nous dresserons un panorama des risques économiques propres aux modèles excentrés de développement (I), avant d'évaluer les risques politiques liés à l'insuffisante plasticité sociale des institutions (II).

 

BR.


 

 

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Prepa ENS Spé - dans Economie
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