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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 14:34

Synthèse rédigée par Myriam et Sonia MAHDJOUB

Gilbert Cette

Professeur d'économie associé à la Faculté de Sciences économiques de l'Université d'Aix-Marseille II ; Directeur des analyses micro-économiques et structurelles à la Banque de France

Jean-Olivier Hairault

Professeur de sciences économiques à l'Université Paris 1 et à l’Ecole d’Economie de Paris

Pascal Mariana

Statisticien à l’OCDE

Xavier Ragot

Chercheur au CNRS ; Président de l’OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques, Centre de recherche en économie de Sciences Po)

Katheline Schubert

Professeur d'économie à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Introduction :

Les dévaluations fiscales et salariales correspondent à un thème d’actualité. L’arme du taux de change n’étant plus utilisable, les pays peuvent être tentés de chercher d’autres méthodes pour établir une compétitivité :

  • sortir de l’euro : ceci est difficile et le coût de mise en œuvre est important
  • faire une dévaluation fiscale : E. Farhi, P. Aghion, G. Cette et E. Cohen posent les bases solides de la dévaluation fiscale. Pour eux, il y a deux moyens de reproduire les mêmes effets que la dévaluation monétaire → imposer des droits de douane sur les importations et subventions à l’export : Keynes dans les années 30 avait déjà proposé cette hypothèse qui, aujourd’hui, est difficile à mettre en place.

→ augmenter la TVA et baisser les cotisations sociales

  • faire une dévaluation salariale : baisser les salaires ; très difficile

Nous avons donc ici une solution théorique. Mais comment l’appliquer en France ?

1. Les salaires et ajustements de salaire dans les pays de l’OCDE

L’évolution des salaires depuis la crise financière et économique mondiale et depuis la reprise :

→ Une des conséquences de cette crise est l’augmentation du chômage

→ Le chômage de longue durée se maintient à un niveau élevé

→ La persistance et la montée du chômage restent en grande partie conjoncturelles mais la dimension structurelle progresse. Le chômage structurel a augmenté dans les pays qui ont beaucoup été affectés par la crise. En France, c’est plus conjoncturel que structurel.

→ La croissance des salaires réels a stagné ; le ralentissement a beaucoup affecté l’Espagne et la Grèce ; conséquences sur le pouvoir d’achat des travailleurs.

→ Le ralentissement de la croissance des salaires réels a été généralisé parmi les salariés, laissant l’inégalité des salaires largement inchangée.

→ Que peuvent faire les pouvoirs publics par rapport à l’impact des salaires sur les travailleurs faiblement rémunérés ?

  • promouvoir une répartition plus équitable du coût de l’ajustement économique
  • respect d’un salaire minimum obligatoire
  • Mise en place de prestations liées à l’emploi pour les salariés faiblement rémunérés
  • Imposition plus progressive des revenus
  • Protection de l’emploi équilibrée.

Les ajustements de salaire et leurs rôles pour la relance du marché du travail :

→ L’ajustement des salaires pourrait jouer un rôle important pour la relance du marché du travail :

  • limite la persistance du chômage et sert de rempart contre le chômage structurel
  • la dynamique des salaires a une importance fondamentale pour le taux d’inflation, la croissance des coûts unitaires de main-d’œuvre et la compétitivité extérieure

→ Les ajustements de salaire aident à soutenir la compétitivité externe, mais ne peuvent, à eux seuls, permettre au marché du travail de se rétablir.

→ Cependant, la diminution des salaires réels pourrait nuire à la consommation ou à l’investissement. De plus l’ajustement des salaires a eu un impact sur l’évolution des coûts unitaires de main-d’œuvre : ils ont baissé mais il n’y a pas eu de modération des prix donc la dévaluation interne ne fonctionne pas.

2. Le rôle de la dévaluation

L’arme du taux de change n’étant pas disponible, la dévaluation fiscale est présentée depuis la crise comme l’une des rares options restant à la disposition des pays de la zone euro confrontés à la dégradation de leur compétitivité et au chômage. Il s’agit de baisser les charges sur les salaires afin de diminuer les coûts de production et de compenser les pertes de recettes par la hausse d’un impôt à l’assiette plus globale.

Sans dégrader la demande, il faut restaurer les conditions de l'offre compétitive. La dévaluation fiscale s'inscrit dans cette logique, dont les effets peuvent être rapides et nets, mais seulement transitoires. Progressivement, la dynamique des salaires et des prix entame les effets de la dévaluation pour les annuler à terme. Seules des réformes structurelles ambitieuses, en particulier sur les marchés des biens et du travail, sont susceptibles de créer les conditions d'une amélioration structurelle et pérenne de la compétitivité via les gains de productivité qu'elles suscitent. Les effets favorables de telles politiques structurelles se manifestent progressivement, d'où le besoin de réformes structurelles dont les effets plus progressifs prendront le relai.

3. Quel ajustement macroéconomique choisir dans une période de crise en France ?

On ne peut plus utiliser un taux de change pour la compétitivité. La France doit être compétitive en matière de coût de production et avoir des coûts salariaux qui ne sont pas déconnectés de la productivité du travail.

La dévaluation salariale correspond à un mécanisme naturel qui devrait se produire. Or, en France, du fait de la crise, il se fait difficilement. Il faudrait suppléer à ce manque de dévaluation salariale une dévaluation fiscale.

La dévaluation salariale peut passer par la réforme du salaire minimum, une modération des salaires pourrait suffire. C’est ce qui a été fait au moment de la désinflation compétitive dans les années 1982-1983 qui s’était traduite par un blocage des salaires. Aujourd'hui, politiquement et juridiquement, il est plus difficile de mener une telle reforme. De plus, l’effet serait modéré car l’inflation est faible.

Pour Gilbert Cette, la seule option de dévaluation qui demeure envisageable pour les pouvoirs publics en France est fiscale. La France y recourt sous la forme du CICE et du Pacte de responsabilité. Il s'agit de réduire le coût du travail pour améliorer la compétitivité et la situation financière des entreprises.

Lors d’une dévaluation fiscale on appauvrit les ménages résidents en France pour faire bénéficier des consommateurs étrangers des pays français de produits français moins chers.

Le gouvernement Ayrault a créé le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE) dans le but de financer l’amélioration de la compétitivité des entreprises à travers notamment des efforts en matière d’investissement, de recherche, d’innovation.

  • Il ne s’agit pas réellement d’une dévaluation fiscale car cela touche des salaires d’économies protégées
  • Bonne politique tout de même car c’est une politique centrée sur les bas salaires et les SMIC.
  • Permet de mener une politique de l’emploi car la seule contrainte objective pesant sur les ajustements salariaux est l’existence d’un salaire minimum

Les politiques auxquelles la France a eu recours depuis 20 ans sont dues au fait qu’il n’y a pas eu de baisse d’ajustement par les salaires. C’est également car nous avons une politique sur le salaire minimum particulière par rapport au reste de l’Europe.

Le risque peut être grand. Les dévaluations n’ont que des effets transitoires si elles ne s’accompagnent pas de réformes structurelles visant à casser la boucle prix-salaire ou à augmenter notre productivité par des gains de productivité plus forts.

Aujourd’hui en France, on met en œuvre la dévaluation fiscale sans engager des réformes structurelles. On modifie de façon pérenne certains curseurs fiscaux pour des effets qui, eux, seront transitoires sans reformes structurelles. A terme, on se retrouve dans une situation comparable avec les problèmes présents avant la dévaluation fiscale.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 14:28

Synthèse rédigée par Xavier ROYET, étudiant en CPGE ENS Spé.

Intervenants :

  • Jean-Christophe Dumont : Chef de la Division des migrations internationales de l’OCDE
  • Antonio Izquierdo : Professeur de sociologie à l'université de la Corogne
  • Cécile Jolly : Conseillère à France Stratégie
  • Lionel Ragot : Professeur d’économie à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense et conseiller scientifique au Cepii

La crise économique que traversent un certain nombre de pays européens depuis 2007/08 a un impact direct sur l’importance et la composition des flux migratoires. Une nouvelle carte des migrations internationales se dessine en Europe :

  • De nombreux immigrés retournent dans leur pays d’origine
  • Des pays connus comme terres d’immigration sont devenus des pays d’émigrants puis retour à la première situation. (Espagne, Italie, Portugal, Irlande)
  • Montée des revendications en faveur nationalistes en faveur de la fermeture des frontières

Quelques chiffres :

  • 11,3 millions dont 28% des immigrés dans l’UE sont des diplômés supérieurs

A titre de comparaison, aux les Etats Unis : 11.1 millions dont 31% des personnes ont un diplôme supérieur

  • Migration intracommunautaire : 3% des européens sont installés dans un autre pays que leur pays d’origine
  • Chaque année 1 million de citoyens européens part s’installer dans un autre Etat-membre

Une vue d’ensemble des migrations européennes :

Il est possible de distinguer 3 types d’immigrations :

  • Le travail
  • La libre circulation
  • Les autres (réfugiés politiques etc.)

La circulation des hommes permet de créer un espace européen, une culture européenne, la mobilité de la main d’œuvre devrait permettre l’absorption du chômage.

Les pays d’accueil sont concentrés au nord de l’Europe : Allemagne, France, Angleterre, Suède et l’Autriche. Avec la crise économique, on constate une baisse de l’attractivité des pays du sud de l’Europe. Les pays les plus attractifs ne sont pas forcément les plus performants : ex : l’Angleterre est aussi attractive que l’Allemagne, cela est dû à l’attrait de la langue.

La majorité des immigrants viennent de pays tiers et non de l’Europe. Les personnes les plus mobiles restent les jeunes.

La crise de 2007/2008 a un effet très marqué mais pas pour tous les pays européens. Tous les pays étant touchés, l’immigration intra européenne recule.

Divergences économiques : -flux de l’Europe du Sud vers l’Europe du Nord

-flux de l’Europe de l’est vers l’ouest : différentielle de revenus très important même si la crise économique est présente dans ces pays. Par exemple, l’Allemagne connait une forte hausse des immigrations grâce un impact de la crise moins sévère que les autres pays européens.

Le cas de la France : le poids de l’immigration dans les finances publiques (Lionel Ragot)

Cette méthode consiste à comparer les bénéfices que les immigrés perçoivent de la sphère publique (prestations sociales, éducation, santé) et leurs contributions aux finances publiques. On remarque que les immigrés profitent moins des retraites que les natifs, plus des prestations de logement, moins des prestations pour la santé, et plus du RMI.

Les immigrés contribuent moins à l’impôt sur le revenu travail et sur les impôts locaux.

L’idée répandue est que les immigrés contribuent moins qu’ils ne perçoivent. Or on remarque que cela est faux, au vu des analyses chiffrées.

Le cas de l’Espagne (Antonio Izquierdo)

L’Espagne est l’un des pays les plus représentatifs de l’impact la crise économique sur les migrations européennes. En effet, l’Espagne était connue comme une terre d’immigrations mais avec la crise, l’émigration s’est développée. Avec un taux de chômage qui a doublé entre 2008 et 2014, passant de 16.5% à 34%, et la suppression de plus d’un million d’emplois, l’émigration d’espagnole s’est fortement accrue. En 2013, plus de 72 000 espagnols ont quitté l’Espagne pour aller principalement au Royaume Uni (22 000), en France (17 000) et aux Etats-Unis (15 000).

La crise économique semble avoir touché de façon plus importante les populations immigrantes. On remarque que les immigrés ont un taux de chômage plus élevé que les espagnols 34.1% contre 23.1%.

Néanmoins l’Espagne reste un pays ouvert à l’immigration, en effet l’évolution des attitudes face à l’immigration montre une stabilité du rejet, et une hausse des ambivalents. (26% tolérants, 37% ambivalents et 37% contre en 2012)

L’immigration soulève plusieurs défis :

  • Défi démographique : permettre une dynamique démographique que l’Europe perd au fil des années : la population vieillit rapidement dans les pays européens.
  • Défi de l’intégration sur le marché du travail : pourcentage du taux de chômage plus élevé pour les immigrants que pour les natifs.
  • Défi politique : inquiétude croissante par rapport à l’immigration / Difficulté à l’immigration : langue, portabilité des droits ex : la retraite, politique. Hostilité croissante notamment envers les migrations intra-européennes (nouveaux entrants dans l’Union européenne) pas seulement due à la crise.

La crise économique a bouleversé la carte de l’immigration européenne et a soulevé de nombreux défis que les gouvernements devront résoudre.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 14:33

Synthèse rédigée par Hydris BESSA, étudiant en CPGE ENS Spé.

  • Antonin Aviat : Direction générale du Trésor – Affaires Européennes
  • Henri Sterdyniak : Directeur du Département économie de la mondialisation de l’OFCE
  • Vincent Giret (modérateur du débat) : Rédacteur en chef au journal Le Monde

I) Diagnostic

  1. L’Europe fragile

L’Europe est dans une situation difficile, un "marasme auto-entretenu" selon les propos de l’économiste Michel Aglietta. L’Europe se retrouve avec une insuffisance de la demande qui détériore la production. La raison de cette insuffisance est la baisse de l'investissement dans la zone euro (près de 20% de diminution entre 2008 et 2013).

Chaque pays a des intérêts différents, le compromis semble difficile. Lavision européenne est une vision à moyen terme. Depuis 2012 la coordination est insuffisante. Tous les Etats ont voulu faire de l'austérité en même temps causant ce marasme. De plus, il se dessine clairement un déséquilibre en matière de poids décisionnel dans la zone Euro. L’Allemagne serait le « bon élève » affaiblissant ainsi la puissance de la France et d’autres pays dans ce rapport de forces.

Montée de « l’euroscepticisme » et défiance des populations envers le projet européen. Parallèlement, essor des parties extrémistes et nationalistes jouant sur les difficultés européennes et dénonçant la non-souveraineté de l’Etat par rapport aux enjeux européens.

  1. La crise est l’origine de ce « marasme »

Selon Steve Ohana, il y a une fausse croyance autour de cette crise : celle de la dette publique trop élevée couplée à un manque de réformes. La crise a germé du fait de la compétitivité salariale de l'Allemagne. En effet les salaires n’ont pas suivi la hausse de la productivité allemande, ce qui lui a permis d’en tirer un avantage concurrentiel sur ses collègues européens. Dans le même temps, il y a eu un endettement des pays comme l’Espagne, l’Italie ou l’Irlande engendrant un problème de dette privée. L’Allemagne n’a pas voulu financer le déficit de ces pays. On se retrouve alors dans une crise d'endettement excessif conceptualisée par Irving Fisher dans les années 30. Les agents fortement endettés vendent leurs actifs financiers pour tenter d’éponger leurs dettes, mais ces ventes massives font baisser les prix, ce qui accroît la valeur réelle de la dette. Trois leviers sont mis en avant par Steve Ohana pour sortir de la crise de la dette : budgétaire, monétaire, leviers des banques.

La voie de la France n’est pas suffisamment entendue. Il est difficilepour l’hexagone d’entrer en conflit diplomatique avec l’Allemagne sous peine d’une crise franco-allemande ou même sous peine d’aggraver la situation sur le territoire français. L’Allemagne a imposé ses règles sur l’Espagne, l’Italie et la France selon Antonin Aviat. Il souligne l’exemple grec symptomatique d'une gestion des finances publiques insoutenables. L'idée que les finances publiques sont l'origine des maux s’est ainsi constituée. Une confirmation de façade car derrière se cache de réels déséquilibres économiques avec une différence de compétitivité. Il faut revenir sur l'ensemble des outils de gestion de crise : le cadre et les règles des finances publiques ont été améliorées (renforcement de la gouvernance des finances publiques). Il y a un essai de coordination des finances publiques avec Bruxelles. Michel Aglietta affirme que nous sommes dans une gouvernancede théorie des jeux, qu’il faut penser à matérialiser un "chef dans la zone euro" et ne pas se retrancher derrière des frontières nationales.

Il faut faire émerger des institutions légitimes pour juger des politiques nationales

II) Solutions

  1. Création de nouvelles instances

Michel Aglietta : Il n’y a aucune contrainte sur les pays excédentaires,aucune capacité à faire un ajustement réciproque qui ne soit pas déflationniste. L’union bancaire est devenue une nécessité. Les gouvernements sont dans l’optique de garder l’euro envers et contre tout. Il faut repenser l'ensemble de la Zone Euro en ayant à l’esprit des normes permettant une consolidation budgétaire. Baisser les dettes publiques en 3 ou 5 ans est impossible pour tous les pays.

  • Un est réellement indispensable. Des investisseurs privés seraient complémentaires avec l’investissement public, enclenchant de fait, un effet multiplicateur. Il faut un programme européen, financé par les acteurs privés, une intermédiation financière : un fond européen d'investissement dans la BCE capitalisé par l'ensemble de l’Europe. Le déplacement du budget européen en faveur de l'investissement est nécessaire. Cet intermédiaire pourrait permettre le financement des infrastructures. Une intermédiation financière nouvelle semble indispensable dans la reprise de l'investissement.

=> Réaliser au niveau budgétaire ce que nous avons concrétisé au niveau monétaire : une instance fédérale. Ce plan budgétaire travaillerait selon la situation de chaque état et bénéficierait d’une vue d'ensemble avec une évaluation aux sommets européens et par les parlements nationaux.

Il y a tout de même pour Mr Aglietta une remise en cause de l'euro possible par une montée du nationalisme.

  1. Vers une sortie Possible de l’euro ?

Pour Henry Sterdyniak, la zone Européenne ne peut pas être gouvernée : on ne peut pas avoir une monnaie commune entre des pays différents. La zone euro doit avoir des mesures précises entre pays (mesures de coordination et non pas de solidarité). Le problème est que les règles mises en place (3% du PIB, 60% de déficit..) ne sont pas respectées.La zone euro n'est pas gérable car il y a des divergences totales avec l’opinion allemande.

L’Europe est dominée par une technocratie libérale, qui impose au peuple des réformes structurelles que le peuple ne souhaite pas. L'Europe est anti-démocratique et inefficace.

Exemple : Le conseil des finances publiques constitué de magistrats de la cour et coincé par des accords budgétaires signés après la crise par la France et l'euro. Pour respecter l'accord il faudrait prendre des solutions restrictives.

=> Il faut réfléchir en profondeur sur la façon de gérer la zone euro et parvenir à une opinion commune. Tant qu'il n’y aura pas cette rupture, il faut refuser le fédéralisme qui va vers plus de libéralisme.

Henry Sterdyniak s’oppose à la monnaie commune, et présente trois solutions

  • Laisser la France subir des solutions proposées par des technocrates (BCE) ou quelques politiques sans consulter les citoyens ?
  • Dislocation de l'Euro: les pays seront alors confrontés à leur individualisme. L'euro est un élément de déresponsabilisation. Les pays du sud retrouveront de la compétitivité. Toutefois les contreparties seront trop grandes et il y aura une rupture à l'échelle de l’Europe.
  • Il faut faire pression sur les pays où les salaires n'ont pas suivi la productivité. Il faut une coordination ouverte des politiques économiques.

En somme, l’intervenant préconise une crise politique pour éviter crise sociale, économique.

Steve Ohana ne souhaite pas diaboliser la sortie de l’euro, mais la meilleure stratégie est de pouvoir montrer que la France est prête à pouvoir se séparer de l’Euro. Ainsi, elle gagnera en pouvoir de négociation.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 10:02

La classe préparatoire ENS Spéciale du lycée La Martinière Duchère à Lyon est une formation d'un an, publique et gratuite, de niveau bac+3. Elle a pour mission d'offrir la possibilité, à des étudiants titulaires d'un diplôme de niveau bac+2, de rejoindre une grande école dont le recrutement se fait sur concours ou de poursuivre des études universitaires en master.

En partenariat avec l'Université Lyon 2, la classe préparatoire de La Martinière Duchère est un double cursus diplômant combinant la préparation aux concours et une Licence 3 de Sciences Économiques et de Gestion (SEG).

Un double cursus cpge et licence 3

  • ENS Cachan option D2
  • Grandes écoles de Commerce
    • HEC, ESCP, EDHEC, EM Lyon, EDHEC, Audencia
    • écoles des réseaux Passerelle 2 et Tremplin 2
    • écoles de commerce classées
  • Masters sélectifs des IEP, IAE, universités
  • Concours de la fonction publique

Pour un avenir professionnel ambitieux

  • Métiers d’encadrement
    • Finance et banque
    • Management
    • Commerce international
    • Ressources humaines
    • Assurances
    • Marketing et communication
    • Fonction publique
    • Etc.

Pour qui ?

La classe préparatoire ENS Spéciale dispose de 40 places pour les personnes titulaires d'un BTS, d'un DUT ou d'une L2 universitaire au moins.

Elle accueille des étudiants ayant obtenus 120 crédits ECTS, sans discrimination quant au baccalauréat obtenu (général, technique ou professionnel.)

Le lycée dispose d’un internat ouvert prioritairement aux étudiants non issus de l'académie de Lyon.

Fonctionnement

Les étudiants suivent un horaire aménagé à l'Université Lyon 2 (quai Claude Bernard à Lyon) et au lycée La Martinière Duchère. Ils assistent à une partie des cours magistraux et participent à certains travaux dirigés à l’Université au même titre que les autres étudiants en 3ème année de licence. Pour ces modules, leur travail fait l'objet d'une évaluation réalisée par l'Université dans le cadre d'un contrôle continu et de partiels semestriels.

Au lycée La Martinière Duchère, les étudiants sont encadrés par des enseignants spécialisés dans la préparation aux concours des Grandes Ecoles. Ils font l'objet d'une attention particulière pour leur permettre de répondre aux exigences élevées des concours et d'affronter sereinement cette année de travail intensif.

Des khôlles -interrogations orales hebdomadaires- sont organisées dans l'ensemble des disciplines pour permettre de gagner en aisance à l'oral, acquérir les méthodes nécessaires et de constituer leur projet professionnel. Elles sont assurées par des enseignants du lycée et de l'Université ainsi que des anciens élèves de l'EM Lyon, grande école de commerce avec laquelle le lycée a noué des relations étroites.

Quels enseignements ?

L’objectif est de permettre à chaque étudiant d’acquérir un ensemble de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être en vue des concours choisis.

L’enseignement s’articule autour des cours suivants :

  • Méthodologie des épreuves
  • Préparation au Tage-Mage et au TOEIC*
  • Culture générale
  • Macro et micro-économie
  • Mathématiques
  • Gestion et marketing
  • Anglais et Langue vivante 2 (Allemand - Espagnol - Italien)

*En plus de la préparation assurée en cours, une session de TOEIC est organisée en interne une fois par an à un tarif privilégié.

Comment candidater ?

Après les vacances hivernales, un dossier d'inscription peut être téléchargé sur le site internet du lycée. Il doit être dûment renseigné puis adressé pour le mois de mai au :

Lycée La Martinière Duchère

Secrétariat des étudiants

300 avenue Andréï Sakharov

69009 Lyon

Le recrutement est le fruit d'une décision collégiale de l'équipe pédagogique. Courant juin, les candidats reçoivent par voie postale une réponse leur indiquant s'ils sont admis sur liste principale, sur liste complémentaire ou sont refusés.

*

De plus amples informations, venez nous rencontrer au salon de l’Étudiant

Du 16 au 18 janvier. Vendredi et samedi de 9h à 18h - Dimanche de 10h à 18h.
Halle Tony-Garnier, 20, place des Docteurs-Mérieux
Lyon

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 09:57

Compte-rendu rédigé par Charlotte Thumelin, étudiante en CPGE ENS Spé

Intervenants :

François Bourguigon

Michael Forster

Jean Luc Gaffard

Xavier Timbeau

Etienne Wasmen

L’œuvre de l’économiste français Thomas Piketty : « Le capital au 21ème siècle », s’est vendu dans le monde à plus de 500 000 exemplaires. Il analyse le lien entre les variations de la croissance, des rendements du capital et des inégalités.

François Piketty part d’un constat : le monde est traversé par des phases d’augmentation et de diminution des inégalités. Depuis une trentaine d’années, nous serions entrés dans une phase d’inégalités croissantes.

La proposition faite par T. Piketty est d’envisager une taxe mondiale sur le patrimoine, dans le but de rééquilibrer le partage des richesses.

1)Michael Forster

Quel est le lien entre la croissance et les inégalités ?

Une étude de 2013 du FMI a montré que l’augmentation des inégalités a un impact négatif sur le taux de croissance. Ex : une augmentation de 1 point de pourcentage des inégalités se traduit par une diminution de 0.1 point de pourcentage de croissance (sur une période de 25 ans).

La volonté de réduire les inégalités serait-elle utopique ?

Thomas Piketty reconnaît sa proposition d’une taxe mondiale du patrimoine comme utopique. La question ne serait en soi, pas tant la proposition d’une taxe mondiale, mais davantage les pistes envisagées pour réduire les inégalités.

Quel est le rôle de l’Etat ?

L’Etat a 3 fonctions : l’allocation, la répartition et la régulation des ressources

Or si les inégalités augmentent, cela signifie qu’il y a une perte de redistribution :

  • La plus grande part du capital est détenue par les 1% des plus riches
  • Notion d’héritage (d’où la taxation sur la propriété)

2)Etienne Wasmen

  • Analyse de la loi R >g mesurée dans les travaux de T. Piketty.

Le taux de rendements du capital (R) est supérieur au taux de croissance (g). La valeur des dividendes augmente plus vite que la valeur des revenus du travail. Cela a un effet boule de neige : les détenteurs de capitaux bénéficient de la croissance et leur capital augmente

/!\ Une partie des rendements du capital logement ne sont pas monétaires. Le capital logement est la principale source du capital des individus. Or un individu ne se verse pas de loyer à lui-même lorsqu’il est propriétaire du bien et ne reçoit pas non plus de dividendes.

Il y a trois moyens de mesurer la valeur du capital logement :

  • La mesure du capital aux prix courants du marché (quand le prix des logements augmente, alors la valeur du capital augmente)
  • La mesure du capital basée sur les rendements du loyer (le loyer payé par les locataires ou le montant que verserait le propriétaire s’il louait lui-même le bien)
  • La mesure du capital basée sur les coûts de remplacement du capital

Les conversions donneraient le même résultat sur le long terme en l’absence de bulle immobilière. A court terme, la valeur du capital logement par la mesure du rendement du loyer à tendance à être surestimée.

Doit-on taxer l’immobilisation ou les actionnaires ? Quelle est la bonne façon de le faire ?

  • Taxer les propriétaires occupants via la taxe foncière
  • Taxer les investissements locatifs (en réalité les taux de rendement sont relativement faibles)
  • Taxer les plus-values immobilières

La France a favorisé la rente immobilière de manière à ce que les classes moyennes puissent investir leur épargne dans l’immobilier.

3)Xavier Timbeau

La justesse de l’analyse de T. Piketty tient au fait qu’il définit un concept dans un premier temps et donne ensuite une mesure : R>g

  • Apport important du livre : La dimension prospective. Les inégalités de revenu ont augmenté et vont s’accroitre davantage, le capital va être distribué de manière encore plus inégale
  • catastrophisme éclairé (annoncer le pire en espérant que l’on va y remédier, changer la société)

T. Piketty a essayé de réaliser un inventaire des richesses pour accélérer la prise de conscience, mais il est certainement en dessous de la réalité.

  • Chronologie :

Avant l’époque moderne, le rendement des rentiers était déterminé comme étant la totalité de la production moins tout ce qu’il faut aux producteurs pour vivre. Notion de violence : on peut s’approprier le capital par l’exploitation des paysans

Aujourd’hui, la valeur du capital agricole a diminué au profit de celle du capital logement. Cela donne lieu à un contrôle de la rente par les propriétaires : ils ont la capacité de bloquer la construction immobilière et donc de provoquer la valorisation du patrimoine immobilier.

4)François Bourguigon

Quelle est la signification de la loi R>g ?

Constat : le taux de rendement (R) augmente entre 4 et 6% par an, alors que le taux de croissance (g) est stable. La différence entre R et g, détermine donc directement les inégalités de patrimoine lorsque la croissance est dans un état stationnaire.

Le patrimoine hérité (immobilier) croit au taux d’intérêt R alors que l’épargne capitalisée (en banque) croit à un taux de rendement g.

Donc si R > à g, les personnes ayant un capital hérité ont une augmentation de capital plus importante que ceux dont le capital est en banque. L’accumulation de richesse est alors plus importante chez les personnes bénéficiant d’un capital hérité.

Ainsi :

  • Si g diminue, la différence entre R et g augmente, donc les inégalités augmentent
  • Si R augmente, la différence entre R et g augmente, donc les inégalités augmentent.

Remarque :

La période des 30 glorieuses est la seule où l’on a constaté une réduction des inégalités associée à un fort taux de croissance. Cela vérifie la théorie de T. Piketty

5)Jean Luc Gaffard

L’œuvre de T. Piketty poserait un problème de cohérence ?

T. Piketty a fait le choix nécessaire de simplifier le modèle.

  • L’augmentation des inégalités serait la raison d’une faible croissance. On pourrait cependant imaginer le processus inverse.
  • Il n’y a pas de distinction entre profits (destinés à accumuler du capital) et la rente (revenu provenant d’un patrimoine)
  • Les intuitions théoriques à la lecture du livre:

1ère Intuition : les inégalités ont un impact sur le taux de croissance par l’intermédiaire de la demande. Lorsque le revenu augmente on consomme plus de biens différents et non pas plus d’un même bien.

Or si la répartition des richesses est inégale, un petit nombre de personnes va demander un petit nombre de bien sophistiqués (ex : le luxe).

En revanche, si les richesses sont équitablement réparties : la classe moyenne est importante, il y a donc une demande importante pour les mêmes biens de consommation, l’économie est alors en croissance.

2ème intuition : « la rente produit de la rente » : La demande de quelques personnes riches pour des biens de consommation individualisés entraine l’enrichissement des producteurs de ces biens. On constate alors l’émergence d’une classe de loisir ainsi que d’une classe d’appui à la classe de loisir.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 18:29

Conférence du 15 novembre 2014

Bourse du travail

Compte-rendu réalisé par Sonia et Sophia BOUAICHA, étudiantes en CPGE ENS Spé

Intervenants :

  • Anne – Laure BARRAL, journaliste à France Info spécialisée sur les questions climatiques.

  • Katherine SCHUBERT, professeur à Paris I

  • Roger GUESNERIE, professeur au Collège de France et président de l’École d’Économie de Paris.

  • Dominique CHAUVIN, prospectiviste, ancien conseiller de développement durable chez Total. Aujourd'hui à la tête du groupe de réflexion « Énergie – Climat » au sein du Think Tank Idées.

  • Franck LECOQ, ingénieur des ponts et chaussées à Agro Paris Tech, également directeur du CIRED (Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement).

  • Jean – François SOUSSANA, directeur scientifique environnement à L'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

Questionnements de cette table ronde :

  • Ces stratégies (d'adaptation ou de lutte) sont – elles opposables ou complémentaires ?

  • Faut – il s'acharner à essayer de faire réussir les négociations internationales sur le changement climatique ou s'adapter suffira – t – il ?

  1. Pourquoi une table ronde sur ce thème ? (Katheline Schubert)

Le problème de changement climatique est un problème à horizon court. Les stratégies de lutte contre le changement climatique, les négociations internationales, les instruments économiques peinent à se mettre en place. Il y a deux stratégies face au changement climatique: lutter ou s'adapter avec deux manières de s'adapter :

  • de façon spontanée au jour le jour ;

  • de façon coordonnée si l’État décide de mettre en place une adaptation en économie pour prévenir les dommages associés au changement climatique.

Avant de commencer, il est nécessaire de préciser la notion d'adaptation :

  1. L'adaptation peut apparaître comme étant un moyen moins coûteux que la mise en place de d'instruments de politiques économiques. Exemple : faire remonter les zones de culture face à la montée des eaux ne semble pas très cher.

  2. L'adaptation n'est pas sur la même échelle : l'adaptation c'est locale, alors que la lutte est globale / mondiale, on ne peut pas lutter seule.

  3. L'adaptation ne marche pas pour tout. L'adaptation est possible mais pas dans certains domaines (agricultures, infrastructures : déplacer les activités économiques du bord de mer si l'on pense que c'est dangereux) mais pas dans d'autres : comment s'adapter contre la perte de bio – diversité par exemple ?

  4. La temporalité : l'adaptation peut être vue comme quelque chose à court terme alors que la lutte est à long terme.

  1. L'approche générale de R. Guesnerie

Il y a 2 positions concernant le changement climatique :

  • arrêter tout effort d'atténuation / mitigation (c'est à dire lutter) et passer à l'adaptation ;

  • il faut tout mettre sur l'atténuation sans se préoccuper de l'adaptation.

Les deux positions ne sont pas raisonnables car l'atténuation et l'adaptation ne sont pas des substituts mais des compléments. Quel que soit le scénario auquel on va être confronté, il y aura des enjeux d'adaptation même si on fait une politique climatique (de lutte) rigoureuse => le choix d'une politique climatique est un choix global qui doit concilier adaptation et atténuation.

La réflexion sur l'adaptation est nécessaire mais ne dispense pas de faire des efforts sur l'atténuation. Il faut se rendre compte que le climat est un bien non marchand, non reproductible et rare : on a qu'une seule planète.

Le calcul économique de la politique climatique sert à savoir si la politique mise en place est faite à un coût économique acceptable (selon le principe de précaution). Ce calcul est réalisé en mettant :

  • d'un côté, les coûts de la politique climatique :

  • de l'autre, les avantages de la politique climatique (en tenant compte de ce que l'adaptation réduirait des inconvénients de cette politique).

Il y a deux dimensions au calcul économique :

  1. Dimension d'arbitrage inter temporelle :

  • Le problème climatique est un problème à horizon long (2100 – 2300), les générations actuelles doivent – elles faire des efforts pour éviter des problèmes auxquels seront confrontés les générations futures ? Selon Groucho Marx : « Pourquoi devrais – je me sacrifier pour les générations futures ? Ont – elles jamais fait quelque chose pour moi ? ». On parle donc d'altruisme intergénérationnel, c'est à dire laisser aux futures générations une terre vivable. Mais la raison économique est là : pourquoi ferait – on des sacrifices si nos enfants sont plus riches, plus rassasiés avec une croissance plus élevée ? Si l'on n'est pas altruiste, il n'y a aucune raison de faire des efforts pour eux.

  • D'où le calcul du taux d'actualisation pour faire cet arbitrage. Le taux d'actualisation donne la valeur actuelle de quelque chose qui va se passer plus tard. Plus ce taux est élevé, plus on sur valorise le présent sur le futur. Exemple : Si on a un taux d'actualisation de 6%, les politiques climatiques seront particulièrement peu rigoureuses. Alors qu'avec 1.4%, on mettra en place des politiques climatiques rigoureuses.

  1. Dimension d'incertitude :

  • Explications préalables : l'effet de base est l'effet de serre = une partie de l'énergie qui vient du soleil est piégée lorsque la concentration de gaz à effet de serre augmente. Il y a ensuite les rétroactions : étant donné un scénario de croissance des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2100, quelle va être la température sur la planète ?

  • Avec un scénario d'adaptation uniquement, en 2100, l'accroissement moyen de la température sera de 4 à 5 degrés => on peut dire que c'est peu. Mais il y 20 000 ans, il y avait 5 degrés de moins et tout le nord des USA, du Canada et de l'Europe étaient sous les glaces. Mais c'est une prévision : l'augmentation pourra être de 3°C comme de 7°C, on ne sait pas. C'est un argument contre l'action (on ne fait pas car on ne sait pas) mais c'est justement le premier argument pour l'action : ça pourrait être beaucoup plus grave, il faut agir maintenant.

Conclusion de R. Guesnerie : On ne joue pas à la roulette russe si on a de l'altruisme intergénérationnel. Une prise de conscience morale de l'humanité, et la mise en place d'une politique climatique rigoureuse sont nécessaires : c'est le meilleur cadeau que l'on puisse faire aux générations futures et dont elles seront reconnaissantes. Cela réconcilie la raison économique avec l'intuition écologique.

  1. L'approche énergétique du changement climatique par D. Chauvin

Il y a des enjeux climatiques et des enjeux énergétiques. Ces enjeux sont totalement imbriqués puisque le problème climatique est à l'origine dû à l'énergie. Il va donc falloir :

  • intégrer ces 2 enjeux pour avoir une compréhension commune ;

  • trouver une synergie entre une adaptation locale lorsque c'est nécessaire et la lutte à long terme par la recherche de solutions pour le climat.

Cela nécessite donc de l'entente, de la collaboration et du partage d'expérience.

Les climatologues ne peuvent émettre des certitudes sur le climat. Il y a cependant une acceptation sur le fait qu'il ne faut dépasser l'objectif de 2°C maximum de réchauffement. Mais le rapport de l'Outlook de l'AIE nous dit qu'apparemment, ce réchauffement serait plutôt autour de 3,6 °C.

Types d'énergies : Il y a :

  • Des énergies primaires, fossiles et qui historiquement ont contribué aux émissions de CO2 (charbon, pétrole, gaz) ;

  • Énergies finales : énergies dont la société a besoin et dont elle ne peut se passer ;

  • Énergies utiles : celles dont on a vraiment besoin : chaud, froid, mobilité, travail.

Vecteurs énergétiques : transportent l'énergie et la transforment. Dans cette dernière fonction, il y a un enjeu majeur car il y a les processus industriels pour opérer cette transformation d’énergie émettant des gaz à effet de serre. A une époque où tout le monde se plaint de la désindustrialisation de la France, il y a dans la fabrication de l'énergie nécessaire, un vaste champ économique. Dès lors, on entre dans un processus industriel tout à fait vertueux pour lequel il faut dégager une économie => cercle vertueux.

Plusieurs vecteurs :

  1. Le vecteur électricité : permet d'obtenir chez soi de l'électricité de façon pratique. Exemple : la voiture électrique est une extension mutante du vecteur car permet d'avoir accès à toutes les énergies primaires : vent, soleil, hydraulique, gaz, pétrole, charbon. La voiture électrique marche aussi avec le charbon car l'on fait de l’électricité avec du charbon. On pourrait dire que ce n’est pas forcément écologique. Mais c’est en fait comparable avec le pétrole en termes d’émission pour la mobilité. C'est une première transition énergétique : le client final est déculpabilisé. Exemple : au lieu d’utiliser une énergie primaire dans nos voitures, on pourrait avoir de l'énergie finale (l'électricité) et reporter la question des émissions de gaz à effet de serre vers les industriels. Ces derniers peuvent dialoguer avec le gouvernement pour baisser les émissions.

  2. Vecteur gaz : Les réseaux de « pipes » que possèdent GDF et GRDF permettent de transporter du gaz. C'est grâce à ce réseau que la France a pu découvrir une nouvelle énergie primaire : le biogaz. Cette nouvelle énergie est beaucoup plus intéressante que le gaz de schiste car c'est immédiat alors que le gaz de schiste ce ne sera pas avant 10 ans.

Conclusion de D. Chauvin : L'énergie a peut-être été le problème qui a causé le changement climatique mais elle renferme la solution d'aujourd'hui. Le changement c'est maintenant non pas pour les générations futures.

  1. L'approche coûts – conséquences de F.Lecoq

L'adaptation :

  • est très variée. Cela passe par la pose de digues pour protéger les zones côtières à des politiques de santé (car il y a des vecteurs de maladies à cause de la hausse des températures) ;

  • se fait au fil de l'eau : on s'adapte après constat ;

  • est anticipative : on essaye d'intégrer le changement climatique de demain dans les décisions d'aujourd'hui, sous incertitude. Exemple : un forestier sait que le climat va changer mais il doit planter ses arbres : donc il fait le choix du type d'arbre, de plantation sous incertitude => adaptation anticipative. Il y a une possibilité d'erreur, une mal adaptation car il faut faire un choix, malgré l'incertitude sur le climat futur.

Aspect systémique de l'adaptation : concerne les décisions sur la localisation des individus et/ou les activités économiques sur le territoire. Exemples : Si la pluviométrie diminue et la température augmente dans une zone, alors l'agriculture à LT est limitée donc on change de localisation pour cette activité. Ou encore si une zone côtière est menacée, on remonte un peu plus en hauteur les agglomérations. => Ce ne sont plus des changements à la marge mais systémiques.

Adaptation et mitigation (lutte) : Sont présentées comme deux termes opposés alors qu'ils sont complémentaires. Mais il y a des différences entre les deux :

  • Notion de risque : Si on réduit les émissions de gaz à effet de serre, on réduit un petit peu tous les risques liés au changement climatique dans le monde. Quand on s'adapte, c'est pour un risque particulier dans une région particulière.

  • Notion de coût : La recherche économique sur le prix de l'adaptation a très peu de réponses : c'est un domaine complexe et nouveau (rapport du GIEC : peu d'éléments). Il y a des controverses sur les coûts d'adaptation et ses bénéfices même dans les domaines les plus étudiés (agriculture).

Instruments et nature de l'intervention publique : Quelle est la légitimité économique de l'intervention publique dans le cadre de l'adaptation ?

Lorsqu'on réduit les émissions de gaz à effet de serre, on produit un bien public, la qualité du climat. Ces biens publics ne sont pas produits en quantité suffisante par le marché donc il faut mettre en place une politique d'atténuation. Exemple : un prix sur l'externalité d'émissions de gaz à effet de serre.

C'est différent pour les politiques d'adaptation : quand on s'adapte on produit un bien à caractère privé au sens où l'on peut en capturer les bénéfices. Exemple : il fait plus chaud, on isole mieux la maison, c'est nous bénéficions de cette adaptation. Dans ce cadre, il n'y a pas de raison particulière pour que la puissance publique intervienne.

Raisons pour lesquelles, dans certains cas, l'intervention publique est justifiée:

  • L'information : des informations concernant l'évolution du climat, du type de risques. Mais la production de cette information n'est pas simple. Dispositif de surveillance sanitaire : celui des forêts, c'est aussi un dispositif public qui donne de l'information et qui donne aux agents (ici aux forestiers) de l'information sur les risques.

  • Coûts : lorsqu'on décide de ne pas s'adapter, il y a un coût pour ces personnes mais aussi un coût collectif important. Exemple : si on construit une maison sur une zone inondable, la maison est emportée, il y a un coût pour la société en termes de santé. Ce coût collectif peut amener à la mise en place de politiques.

  • Point de transfert et d'équité : si un certain nombre d'agents, de secteurs économiques dans leur ensemble souffrent du changement climatique, la collectivité peut décider de compenser partiellement.

Conclusion : Cette question d'adaptation au changement climatique a 20 ans de retard, en termes de recherche, par rapport à la réduction des émissions. On se rend compte que de toute façon quel que soit le succès des politiques climatiques, il faudra faire de l'adaptation.


  1. Situation actuelle, future et éventuelles solutions selon J.F Soussana

Remise en perspective du débat sur l'adaptation et l'atténuation : Les impacts du changement climatique sont observables dès aujourd'hui. Nous avons une responsabilité historique : nous sommes la première génération à avoir établi l’existence d'un changement climatique global mais nous sommes aussi la dernière génération qui a la possibilité de limiter ces impacts.

Que vivons-nous ?

  1. Des impacts très importants de la variabilité climatique, du au changement climatique. Ce ne sont pas simplement des risques pour l'avenir mais des impacts dans le présent. Exemples :

  • Des inondations exceptionnelles dans des zones de delta qui peuvent toucher des paysans qui cultivent du riz au Bangladesh. Des éleveurs qui ont des mortalités très importantes de leur cheptel (20 à 60% en Afrique sub-saharienne au cours d’événements récents) ;

  • Effets observés sur les écosystèmes avec le blanchiment des coraux (attribué pour partie au changement climatique), les dépérissements forestiers (généralisés dans le monde et attribuables au réchauffement climatique) ;

  • Impacts sur l'agriculture : un impact négatif de l'ordre de 2% par décennie pour le blé et 1% par décennie pour le maïs au cours de la période des années 80 jusqu'à maintenant (Rapport du GIEC).


  1. Répercussion sur les prix mondiaux en agriculture : Exemple :

  • en 2010, en Russie avec + 10% par rapport aux moyennes saisonnières. La Russie a bloqué ses exportations pour conserver des stocks et les autres pays ont fait de même. Les prix agricoles sont remontés brutalement et sont toujours hauts aujourd'hui. Les événements climatiques ont un impact sur les prix. Derrière les prix il y a la capacité des populations pauvres à accéder à la nourriture. Des prix élevés augmentent la difficulté des consommateurs urbains pauvres et des petits producteurs ce qui augmentent l'insécurité alimentaire à cause d’événements climatiques, de manière indirecte.

Avenir ? On peut encore agir sur l'avenir mais que dans les 30 ans qui viennent, au-delà, il n'y a plus de marge de manœuvre. Le réchauffement de 1 à 2° est inévitable pour les années 2030/ 2040. Qu'est-ce que cela implique ? :

  • Pour la biodiversité, ce scénario tendanciel de + 4° en moyenne est un scénario inquiétant car pour rester à la même température, il faudrait se déplacer vers les pôles de 70 km par décennie => un trilèmne entre périr, s'adapter (génétiquement à très long terme) ou migrer mais la migration n'est pratiquement pas possible.

  • On va vers une perte de la biodiversité : les coraux en premier, puis une partie des forêts primaires (l'Amazonie)

  • Un impact sur les rendements agricoles à la fin du siècle qui sont alarmants : 80% des études donnent des impacts négatifs et 40% des études donnent une baisse des rendements de l'ordre de – 25%. Les petits producteurs vont être le plus impactés : 97% des fermes dans le monde sont familiales et produisent la moitié de l'alimentation mondiale en cultivant simplement 20% des terres.

Solutions :

  • Agriculture, forêts, usage des terres peuvent contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Selon le GIEC, 20% à 60% des réductions qui peuvent être obtenus par de la bio- énergie, par une meilleure gestion des forêts ;

  • Réductions des pertes et gaspillage alimentaires : changement des modes de consommation en revenant aux normes nutritionnelles ;

  • Changements systémiques : avec l'agro-écologie qui consiste en la transformation des systèmes ayant pour but de mieux se servir des potentialités des régulations dans les écosystèmes. Exemple : agroforesterie en région tropicale est une piste sérieuse car on stocke du carbone en plantant des arbres et en mémé temps on crée un microclimat qui va protéger la strate des cultures par rapport aux effets des vagues de chaleur ;

  • Pour la biodiversité il faut travailler sur les corridors écologiques en permettant aux espèces de se déplacer => mais dans la plupart des cas, cela ne va pas pallier les effets majeurs que l'on observera ;

  • Reconsidérer le système et l'intégration agriculture – alimentation – énergie.




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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 17:53

Disparité homme/femme, discrimination ou préférence ?

Synthèse rédigée par Manon Julien, étudiante en CPGE ENS Spé

Quelle est la situation française en matière d’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes ?

  1. Dominique MEURS, Professeur de sciences économique Paris Ouest.
  1. La persistance de l’inégalité des salaires entre les Hommes /Femmes…

Les inégalités de salaires restent stables, entre 1996-2010 elles sont restées autour de 80%.

Alors que les femmes étudient plus (à 20 ans 50% des filles sont en études supérieures en 2011), dans les années 1990 il y avait déjà plus de filles que de garçon dans les études supérieures. Elles participent de plus en plus au marché du travail, à un taux de temps partiel stabilisé (85% de femmes) et font face aux mêmes risques de chômage que les hommes. En effet, la montée du taux de chômage est parallèle pour les 2 genres. Les écarts se sont resserrés entre le taux de chômage des hommes et des femmes de 1975 à 2012.

  1. …Provient essentiellement de ségrégations professionnelles, elles-mêmes liées aux contraintes familiales

- Moins de femmes dans les emplois qualifiés en France en 2010. Les femmes occupent 62% des emplois non qualifiés et 51% des emplois qualifiés dans les professions intermédiaires. Enfin 39% des emplois de cadre sont occupés par des femmes.

- Elles sont plus souvent dans les entreprises plus petites et moins rémunératrices.

- A entreprise et poste donné, très peu d’écart mais : positionnement défavorable dans la grille hiérarchique, plafond de verre (Albrecht) et plancher collant (Booth 2003). Quand elles progressent leur salaire augmente moins que celui d’un homme.

Les femmes travaillent dans des plus petites structures que les hommes et ont moins accès au sommet hiérarchique.

Facteurs de la ségrégation :

  • Comportement des employeurs : discrimination goût, discrimination statistique (la femme adopte un comportement différent que l’homme parce qu’elle sait qu’il y aura très certainement une interruption de carrière dûe à une grossesse)
  • Comportement de l’offre de travail (arbitrage de la femme avec les horaires de travail)
  • Interaction entre les 2 (prophétie auto-réalisatrice)

Au cœur des arbitrages vie professionnelle / vie familiale : les soins aux enfants :

  • Répercussion des naissances sur la vie professionnelle :
    • Aménagement d’horaire, temps partiel, interruption de carrière pour les mères
    • 39% des mères déclarent un changement après la naissance de leur premier enfant, contre 6% des pères.
  1. Le congé parental du père un moyen de favoriser l’égalité domestique ?

Aspiration des parents, malgré les effets négatifs sur les carrières.

  • Partager le congé avec le père : essor récent, surtout pays nordique (en France, la loi promulguée en 2013 fait du congé parental paternel le 3ème pilier avec 6 mois réservés au père, perdus si non pris)
  • Effets recherchés :
    • Court terme : diminuer les interruptions de carrière des femmes.
    • Moyen terme : augmenter la part des pères dans les tâches domestiques.
    • Long terme : changer les mentalités y compris dans les entreprises.

Conclusion : on est arrivé au plus difficile car on touche maintenant aux normes sociales, qui sont longues à faire évoluer. Le congé parental pour les pères pourrait être un levier possible pour faire évoluer les mentalités.

  1. Cécilia Garcia PENALOSA, directrice de recherche au CNRS

Les hommes gagnent un quart de plus que les femmes si l’on compare au revenu salarial annuel moyen.

Ces inégalités salariales substantielles sont expliquées par la durée du travail, temps partiel (salaire horaire faible) qui explique 11% de la différence. Ainsi que la différence dans le type de poste/secteur qui explique 7%. Cependant, 6,3% sont non expliqués, dû à aucune différence, c’est cette partie qui est la discrimination.

A. Discrimination

Elle est extrêmement difficile à expliquer :

-La part non expliquée est principalement due à l’impression des données.

-L’écart disparait presque totalement avec des données suffisamment précises.

Les efforts pour identifier la discrimination se sont donc focalisés sur le recrutement et la promotion.

B. Identification de la discrimination

Etudes sur la discrimination à l’embauche :

  • Discrimination contre les femmes dans les années 1970-80 dans les orchestres aux USA avec une audition « à l’aveugle » des jurys. Ils n’avaient aucune indication sur le sexe de la personne qui jouait. Plus de femmes que d’hommes auraient étaient sélectionnées, ce qui montre l’ampleur de la discrimination.
  • Les études récentes trouvent de la discrimination seulement pour les femmes jeunes sans enfant.
  • Rôle des anticipations et stéréotypes.

Etudes sur les promotions :

  • Candidates et candidats ont le même taux de promotion (pour des métiers bien précis). Mais les femmes sont moins souvent candidates. Pas d’évidence de discrimination dans la promotion, car les choix des femmes sont différents et liés à l’auto censure.
  • Aspects comportementaux essentiels.

C. Quelles politiques pour réduire la discrimination ?

Il faut prendre en compte des considérations :

-Le faible rôle de la discrimination implique que les lois sur l’égalité sont insuffisantes.

-Les politiques doivent se focaliser sur :

  • Les anticipations dues aux stéréotypes :
    • Visibilité, sensibilisation, utilisation limitée des quotas.
  • La répartition des activités domestiques :
    • Inciter au partager des congés de parentalité et améliorer leur prise en charge, respecter les préférences individuelles de chacun.
  • Les incitations économiques :
    • Le système socio-fiscal : impôt sur le revenu (suppression du quotient conjugal) effet positif sur la participation des femmes.
    • Droits familiaux de retraite (dispositifs peu adaptés à l’évolution de l’emploi).

Ainsi, une intervention publique pour casser le cercle vicieux et le stéréotype est indispensable. Cette intervention serait couteuse mais le coût serait plus faible que les avantages dans le futur.

  1. Mario PIACENTINI, économiste à la direction de statistique de l’OCDE

Les données montrent des différences évidentes de genre dans le taux d’entrepreneuriat et dans la performance de l’entreprise. Elles s’expliquent par :

  • Imperfections du marché, discrimination, contraintes de genre.
  • Différences de comportements et d’attitudes entre les femmes et les hommes.

Taux d’entrepreneuriat : les femmes représentent une proportion assez faible 15 à 30% des travailleurs indépendants ayant des salariés. Dans la plupart des pays, ce pourcentage ne progresse pas sensiblement.

Rémunération de l’entrepreneuriat : les femmes qui travaillent à leur propre compte ont des revenus nettement inférieurs à ceux des hommes. Hormis pour les pays nordiques. Nombre d’heure de travail inférieur pour les femmes.

Taille de l’entreprise : la part des grandes sociétés détenue majoritairement par des femmes est très faible (en France 8%).

  1. Explication de la ségrégation à différents niveaux
  • Sectoriel : les écarts de productivité selon que les entreprises soient gérés par des hommes ou par des femmes diminuent si l’on tient compte des différences de l’intensité capitalistique et du secteur économique mais ils restent significatifs.
  • Expériences managériales: le taux de survie de l’entreprise est plus faible pour les femmes créatrices d’entreprises. Les hommes créateurs d’entreprise ont plus d’années d’expérience dans la gestion de l’entreprise avant sa création. Cette expérience est fondamentale pour la survie de l’entreprise.
  • Disponibilité de temps: minute de travail /jour. Le temps de travail des travailleurs indépendants diminue avec la naissance d’un enfant pour les femmes, mais augmente pour les hommes.
  • Accès aux réseaux sociaux : la grande majorité des cadres dirigeants des sociétés de capital-risque sont des hommes (70% au moins 100% en Corée au Japon). Club fermé, influence sur la croissance
  1. Différences d’attitudes et de préférences.
  • Moins de femmes que d’hommes préfèrent exercer une activité indépendante s’ils avaient la possibilité de choisir (En France 44% d’homme et 37% de femmes)
  • Les femmes entrepreneurs sont plus réticentes à prendre des risques que les hommes (preuves pas concluantes)
  • Croissance et profit ne sont pas toujours prioritaires chez les femmes entrepreneurs.

Conclusion : plusieurs facteurs contribuent à déterminer la persistance des différences de genre dans l’entrepreneuriat. Les différences ne sont pas uniquement liées aux différences de comportement entre genres mais aussi des contraintes plus sévères pour les femmes entrepreneurs. Les politiques ont un rôle essentiel à jouer pour diminuer les contraintes.

  1. Marie Claire VILLEVAL, directrice du Groupe d’Analyse et de Théorie Economique (GATE)

Lors d’une expérience de laboratoire, la dimension comportementale face à la compétition est observée entre les hommes et les femmes. Par groupe de quatre individus, ils ont le choix entre 2 modes de rémunération pour les tâches qu’ils effectuent :

-rémunération à la pièce (à la performance absolue) : xx€ par bonne réponse

-rémunération en compétition (à la performance relative)= xx€ par bonne réponse si le sujet à réaliser une meilleure performance dans son groupe de 4, sinon 0€.

La performance moyenne est identique entre les hommes et les femmes mais le mode de rémunération choisit est différent. Les hommes préfèrent la rémunération à la performance relative et les femmes, qui ne veulent pas être comparées, préfèrent la performance absolue. Mêmes les femmes les plus compétentes ne vont pas choisir la compétition.

La différence de compétitivité explique près de 20% la différence de choix des filières éducatives scientifiques selon les genres (d’après une étude menée sur des étudiants hollandais à leur entrée au lycée, les garçons choisissent plus la filière scientifique que les filles).

A. Pourquoi les femmes sont-elles moins compétitives ?

-Moindre appétence des femmes pour les risques (exemple : les femmes choisissent les loteries les moins risqué à l’inverse des hommes)

-Une moindre confiance des femmes en leurs capacités. Prédiction du rang dans le groupe de 4, 75% des hommes se pensent les meilleurs contre 42% pour les femmes. Même les femmes qui pensent être les meilleures choisissent moins la compétition que les hommes.

B. Est-ce naturel ou culturel ?

La nature joue lorsque la même expérience est conduite à divers moments du cycle ovarien. Les femmes dans la phase hormonale basse du cycle (2-7 jours) ont une probabilité de choisir la compétition de 16% inférieur. Cependant, la nature n’explique pas tout :

La même expérience est menée dans des sociétés patriarcales comme les Masaï au Kenya. Dans cette population, les garçons choisissent 2 fois plus la compétition que les filles. Alors que dans les sociétés matriarcales, notamment en Inde, les filles choisissent plus la compétition.

Conclusion :

  • Les disparités sur le marché du travail persistent alors que le niveau d’éducation des femmes dépasse celui des hommes.
  • Les femmes ont moins de confiance et des préférences différentes face à la compétition.
  • Ces préférences différentes ont des origines biologiques, évolutionnaires et culturelles.
  • Reconnaitre ces différences peut guider l’action politique (lutte contre les stéréotypes, quotas...)
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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 18:25

Synthèse rédigée par Marine Bouquet, étudiante CPGE ENS Spé

Intervenants :

Serge MARTI : Modérateur, Président de l’Association des journalistes économiques et financiers et ancien rédacteur-en-chef économique au Monde.

Fouad ABDELMOUMNI : Directeur d’Al-amana, institut de microfinance.

Michel AGLIETTA : Professeur de sciences économiques à Paris Ouest et membre du Haut Conseil des Finances Publiques.

François ROUBAUD : Directeur de l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Isabelle THIREAU : Directrice d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) et directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS).

Serge MARTI, introduction :

Le développement n’est pas aussi un chemin vers la démocratie ?

Quelques événements récents qui ont marqué l’histoire contemporaine :

  • Manifestation de la place Tian’anmen des étudiants chinois (1989).
  • La chute du mur de Berlin (1989).
  • Le Printemps Arabe (2010).
  • Révolte contre le régime chinois à Hong Kong (2014).
  • La chute du président Blaise COMPAORE au Burkina Faso (2014).

A chaque fois, ce sont des régimes autoritaires, par essence anti-démocratiques, qui font face à la contestation, exigeant plus de libertés mais aussi souvent une vie meilleure. Ces régimes de dictature peuvent –ils permettre aux populations de se développer, d’avoir un meilleur avenir ?

D’autres dictatures ont réussi, à l’instar de la Chine, à jouer un rôle important sur la scène internationale, de devenir de grandes puissances industrielles (Corée du Sud). Mais à l’inverse, le basculement vers la démocratie ne signifie pas nécessairement un mieux-être et un développement économique assuré. En effet, cela n’implique pas nécessairement une juste répartition des richesses (la Russie, les anciennes Républiques Soviétiques, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et la Biélorussie) avec des populations qui n’ont pas bénéficié de ce retour à la démocratie. De la même façon, la transition démocratique des pays Arabes n’a pas forcément permis un décollage économique.

Il n’y a donc pas de lien automatique entre la démocratie et le développement. Voici quelques chiffres concernant le taux de croissance en 2013 :

  • 2%-3% dans la zone de l’Afrique du Nord.
  • 4.5% au Maroc.
  • 4.5% en Palestine.
  • 1% au Liban.

Ce sont là des contradictions, et nécessairement de nouveaux paradigmes qu’il faudra intégrer dans la mesure où la démocratie parlementaire représentative s’essouffle dans tous les pays. Elle s’exerce de moins en moins dans les urnes et de plus en plus à travers les réseaux sociaux (web et forums) qui ont beaucoup contribué à son développement. Mais dans le même temps, la croissance, quand elle existe, s’effectue sur un fond d’accroissement constant des inégalités qui est un processus anti-démocratique.

Définition de la démocratie :

Michel AGLIETTA :

Le paradoxe de la démocratie :

Le mot démocratie vient du grec demos = peuple et kratos = le pouvoir sur. La démocratie signifie donc que le peuple à le pouvoir sur le peuple.

C’est un processus autoréférentiel : le pouvoir est un rapport de violence pure, il requiert la polarisation sur une institution pour fonctionner et un sens d’appartenance pour se légitimité. Le processus doit se dissocier en 2 branches :

  • Le pouvoir nominal : la source de la souveraineté est le peuple, donc il n’y a pas de transcendance sacrée et charismatique.
  • Le pouvoir réel : la violence légitime de l’Etat. Il est le seul capable et autorisé à exercer la violence pour assurer l’ordre.

Cette polarisation a des solutions multiples : les histoires croisées de la Chine et de l’Occident montrent la même proclamation du pouvoir nominal. Mais elles diffèrent dans les sources de légitimité du pouvoir réel, donc des systèmes politiques.

  • La légitimité procédurale dans la base et la procédure électorale : la majorité impose sa vision de bien commun à l’ensemble du peuple. Cependant, il faut que les droits des minorités, les droits du peuple entier soient pris en charge par les intérêts majoritaires. Il faut donc un élargissement de la notion de bien commun pour qu’il y ait une démocratie.
  • La légitimité fondée sur des valeurs d’appartenance sociétale : si l’on suppose que les individus ont une conscience morale en eux alors ils ont le sens de ce qu’est la valeur du collectif. Il y a un support éthique à la démocratie.
  • La légitimité fondée sur la poursuite du bien-être social selon la loi : si l’on gouverne selon la loi pour le bien du peuple alors on gouverne au sens de la démocratie.

Fouad ABDELMOUMNI :

La démocratie est un des principes universels et regroupe beaucoup de processus historiques. Nous utilisons le terme de démocratie pour englober un certain nombre de concepts. Il y a dedans des procédures essentiellement liées à l’éligibilité des gouvernants et des valeurs qui retracent notamment les droits des minorités.

La démocratie est le droit de la majorité à gouverner et c’est le droit des minorités à exister et à prétendre à devenir des majorités ultérieurement. Et c’est en même temps des concepts liés à quelque chose de métapolitique : les règles, les normes, les standards que l’on considère comme supérieurs, universels.

François ROUBAUD :

La démocratie n’est pas un levier du développement, c’est le développement. C’est une composante du développement. Elle a 2 dimensions :

  • Dimension instrumentale : en quoi la démocratie favorise-t-elle le développement économique et social ?
  • Dimension intrinsèque : la démocratie est toutes les formes de libertés, de paroles, d’association, de voter…

Que faire pour retrouver la croissance ?

Michel AGLIETTA :

Il faut regarder certains faits historiques :

  • Au 19ème siècle, il y a eu une accélération du développement.
  • Dans le dernier tiers du 19ème siècle, il y a eu un essor massif et impressionnant du Japon et de l’Allemagne.

Ce deux empires qui ont fait une révolution impériale, une unification du pays et qui en 30 ans rattrapent l’Occident.

Eléments essentiels :

  • L’accumulation de capital
  • L’ouverture internationale et le commerce extérieur.

La notion de rattrapage au-delà de l’Occident, avec les travaux d’Angus MADDISON (1926-2010) sur la croissance :

  • Les Etats-Unis ont atteint le sommet de leur hégémonie en 1950, après 50 ans de croissance.
  • L’Amérique latine avait atteint un niveau de développement bien plus élevé que le Japon en 1950, avant de

décliner relativement pendant la seconde moitié du 20ème siècle.

  • L’Asie a connu une évolution catastrophique au cours de la première moitié du 20ème siècle, avant de prendre sa revanche sur l’Occident avec les développements successifs au Japon et de la chute de l’Inde.
  • L’Afrique n’a jamais pu desserrer l’étau du colonialisme et a perdu systématiquement du terrain au cours de la seconde moitié du 20ème siècle. Notamment avec une agriculture délaissée, une démographie non régulée, une éducation de masse inexistante.

Conditions de base pour le développement :

  • La notion « d’Etat développeur » : Etat capable de distinguer le bien public de l’enrichissement privé.
  • Le leadership de l’Etat pour produire des biens publics. C’est ce qu’a fait la Chine depuis 2 000 ans avec notamment la protection des paysans par l’intermédiaire du stockage contre la famine ou encore la Grande Muraille pour protéger de l’extérieur…).
  • Un secteur public capable de faire le lien entre l’Etat et les entreprises pour le développement industriel.
  • Une bureaucratie dont les intérêts sont alignés sur les objectifs stratégiques de l’Etat, afin d’éviter des captures privées de rentes sur les intérêts collectifs.
  • Des politiques volontaristes pour aider à l’émergence d’entrepreneurs.

Le problème du développement aujourd’hui est la qualité de la croissance et non plus seulement la croissance. La qualité de la croissance passe par une société, un développement inclusif et soutenable. C’est l’objectif des Nations Unies pour le 21ème siècle.

Les inégalités et la pauvreté se sont développés massivement à partir du moment où nous avons « vendu notre âme à la finance » et où nos économies au lieu d’être des finances au service de l’économie deviennent des économies au service de la finance.

Quelles formes de démocratie est nécessaire pour la croissance soutenable ?

La croissance soutenable doit dépasser le PIB, ce dernier ne doit plus être le critère principal. Le critère doit regrouper toutes les formes de la richesse sociale y compris des formes de richesses collectives (dites intangibles = compétences humaines). Or celles-ci ne sont pas valorisées par la Comptabilité Nationale, ni comptabilisées par les entreprises.

Nous avons des modes de gouvernances en opposition avec la recherche de la croissance soutenable. Nous avons besoins d’élaborer une vue collective et une organisation pour ce faire. L’ONU à tenter de faire des mesures de cette richesse. Pour qu’il y ait une croissance soutenable, il faut une richesse généralisée et qu’elle ne décroisse pas dans le temps : ce que nous faisons aujourd’hui doit servir à enrichir les générations futures.

François ROUBAUD :

Paradoxe Malgache : croissance et crise socio-politique entre 1960 et 2014.

Entre la démocratie et la croissance il n’y pas de loi générale pour chaque pays. Cela peut-être une association positive ou négative. A chaque fois que le pays connaît une croissance économique cela c’est solder par une crise socio-politique (1972 – 1991 – 2001/2002 – 2008/2009). Comme si la croissance engendrait la crise politique.

Quelles politiques menées ?

Les failles :

  • Les échecs du « Nation Building » au nom de la mise en place de la démocratie au sein de pays dictatoriaux.
  • L’économisme des bailleurs de fonds (statut, tropisme).
  • La triple peine du principe de « sélectivité de l’aide » :
    • Pays dit « mal gouvernés »,
    • Ne pas percevoir l’argent des bailleurs de fonds,
    • Dans les bases statistiques internationales, les pays dit « mal gouvernés » ont de mauvaises notations par rapport à la réalité.

Que faire :

  • Garantir le respect des principes démocratiques.
  • Renforcer les intermédiaires démocratiques (partis politiques, médias …).
  • Avoir une meilleure information (indicateurs, suivi de l’évolution).

Illustration avec la Chine :

Isabelle THIREAU, sociologue :

Au 14ème siècle, ce pays était une grande puissance mondiale. Dans les années 1950, elle était un des pays les plus pauvres pour aujourd’hui redevenir une puissance presque rivale des Etats-Unis.

Aujourd’hui en Chine se trouve une invention démocratique. Ce n’est pas un régime un politique mais une forme de société insistant sur la garantie des droits fondamentaux et sur l’égalité des conditions. Cette invention démocratique désigne également des actions manifestant des attentes et exigences formulées par des citoyens tout à fait ordinaires qui prennent des initiatives variées, volontiers infra-idéologiques.

En Chine, il existe une très grande indétermination sémantique, c’est-à-dire, du sens des mots, de ce qui compte. Pendant les années 1950, la République de Chine arrive au pouvoir avec un projet politique très différent des projets actuels. C’était un projet à visée totalitaire. De ce fait, il existait une emprise de type terroriste sur la parole. Un dogme idéologique était présent avec la combinaison d’une procédure accusatoire et inquisitoire.

Ce système n’est plus à la fin des années 1970 avec une amélioration de l’économie chinoise (400 millions de personnes sorties de la pauvreté). Cette amélioration est due à une réforme politique qui disait que « les ennemis de classes étaient pratiquement tous rééduqués ». Le statut de classe, qui conditionnait le destin des individus n’existait plus. Le principe d’intolérance, pour qui les individus mauvais ne pouvaient commettre que des actes mauvais et inversement, a également disparus. Une grande politique de réhabilitation se met en œuvre dont on méconnaît encore aujourd’hui les effets mais dont on sait que les victimes de campagnes politiques passées sont déclarées comme innocents des griefs qui leur avaient été fait.

Au début des années 1980, il y eu un abandon effectif d’un déterminisme politique radical expliquant qu’il existait des lois de développement historique inévitables.

Conséquences :

  • « Crise de la réalité sociale » : les mots n’ont pas les même sens pour tous, les individus ont perdu leurs repères.
  • Grande méfiance au sein de la société, les individus ne savent plus à qui faire confiance.
  • Taux d’incertitude important concernant l’avenir proche. Sur le plan économique, une vision à court terme empêche la consommation interne.

Il existe des espaces intermédiaires où les gens peuvent s’exprimer librement. Prenons l’exemple de l’administration dite « des lettres de visites ». Elle existe en Chine depuis 1951. C’est un réseau de bureaux auprès desquels les individus peuvent écrire des lettres pour exposer les situations auxquelles ils sont confrontés. Depuis 1990, chaque année, il y a 10% de témoignages en plus et en 2014, on compte plus de 13 millions de lettres. Pour les individus ce système est important car ils peuvent interpeller les représentants de l’Etat, faire part de leurs ressentis, des injustices.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 11:11

Les étudiants de la promotion 2014-2015 ont assisté aux conférences des journées de l'économie de novembre 2014. Au programme : la grande conférence intitulée "Le retour de l’État Providence" mais aussi un grand nombre d'autres conférences choisies en fonction des centres d'intérêts de chacun.

Progressivement d'ici Noël, les étudiants partageront avec vous les synthèses des conférence suivies, comme autant de "friandises intellectuelles".

Retrouvez ces compte-rendus dans une page dédiée à leur publication en cliquant sur le lien JECO 2014, à droite de l'écran.

Bonne lecture !

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 14:32

Nous ne sommes qu'en octobre. Vous prenez vos marques en deuxième année de BTS, d'IUT ou de Licence et pensez surtout à vous mobiliser pour obtenir votre examen final. Vous avez raison.

Pourtant, c'est aussi la bonne période pour envisager "l'après".

Avec un Bac+2, vous avez de nombreuses possibilités que l'on peut résumer à travers deux grandes perspectives : intégrer le monde du travail ou poursuivre vos études.

Depuis quelques années, les Grandes Écoles ont cherché à diversifier leur recrutement. Elles s'ouvrent de plus en plus à des profils qu'elles auraient jugés atypiques il y a une quinzaine d'années.

Si vous avez envie d'avoir de belles perspectives d'insertion professionnelle et d'évolution avec un champ des possibles très ouvert et gratifiant,

Si vous aimez découvrir, vous investir dans votre travail pour construire et réaliser votre rêve professionnel,

intégrer une Classe Préparatoire aux Grandes Écoles est une très bonne solution.

La classe de CPGE ENS Spé vous permet de préparer en un an le concours pour entrée en Master des Grandes Ecoles (HEC, ESCP, EDHEC, etc...).

Cette classe vous accompagne aussi dans la préparation aux Masters sélectifs et concours administratifs de catégorie A.

Parallèlement aux cours de CPGE, vous préparez une troisième année de licence à l'université Lyon 2 en Economie-Gestion ou AES.

Rassurez-vous, le nombre d'heures de cours n'est pas doublé pour autant !

Grâce à un système d'équivalence, les notes obtenues en CPGE à la Martinière Duchère pour les enseignements suivis comptent pour l'obtention de la licence. Les autres cours sont dispensés à l'université. Vous intégrez ainsi les écoles directement en Master.

Contrairement aux idées reçues, pas besoin d'être un étudiant hors-norme pour intégrer une prépa de ce type. Le bon profil est celui d'un étudiant autonome, volontaire et sérieux, travaillant régulièrement. La régularité du travail et la motivation sont la clé de la réussite.

La CPGE ENS Spé offre un environnement de travail cadré avec une équipe pédagogique aguerrie à la préparation des concours. Vous y trouverez des outils, méthodes et connaissances qui vous serviront de tremplin pour réussir dans votre projet. Il s'agit aussi d'un accompagnement personnel tout au long de l'année pour vous guider au mieux, vous soutenir et vous encourager.

Réfléchissez aux opportunités offertes par ces Écoles. Se construire la vie professionnelle dont vous rêvez mérite que vous vous mobilisiez. Ces écoles ne sont pas inaccessibles : chaque année nos étudiants les intègrent. Seule votre vision des choses peut vous empêcher de le faire.

Mark Twain écrivait : "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait."

Et vous ? Quelles limites vous imposez vous à vous-même en pensant que ce n'est pas pour vous ?

A très bientôt, si vous le décidez.

Nathalie Corneau

Professeur agrégé d'Économie-Gestion
Coordonnatrice CPGE ENS Spé D2

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Présentation

  • : Prépa ENS Spé du lycée La Martinière Duchère à Lyon. Formation publique en 1 an post bac+2, préparant aux concours administratifs, aux concours des écoles de commerce (admission niveau master) et à l'Ecole Normale Supérieure.
  • : Ce bloc-note électronique vise à accroître la notoriété de cette classe prépa. Il ouvre un espace d'échange entre les anciens élèves, les étudiants en cours de formation et l'équipe pédagogique. Il se donne également pour objectif d'éclairer les uns et les autres quant aux perspectives de concours qui s'offrent à eux.
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