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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 14:28

Synthèse rédigée par Xavier ROYET, étudiant en CPGE ENS Spé.

Intervenants :

  • Jean-Christophe Dumont : Chef de la Division des migrations internationales de l’OCDE
  • Antonio Izquierdo : Professeur de sociologie à l'université de la Corogne
  • Cécile Jolly : Conseillère à France Stratégie
  • Lionel Ragot : Professeur d’économie à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense et conseiller scientifique au Cepii

La crise économique que traversent un certain nombre de pays européens depuis 2007/08 a un impact direct sur l’importance et la composition des flux migratoires. Une nouvelle carte des migrations internationales se dessine en Europe :

  • De nombreux immigrés retournent dans leur pays d’origine
  • Des pays connus comme terres d’immigration sont devenus des pays d’émigrants puis retour à la première situation. (Espagne, Italie, Portugal, Irlande)
  • Montée des revendications en faveur nationalistes en faveur de la fermeture des frontières

Quelques chiffres :

  • 11,3 millions dont 28% des immigrés dans l’UE sont des diplômés supérieurs

A titre de comparaison, aux les Etats Unis : 11.1 millions dont 31% des personnes ont un diplôme supérieur

  • Migration intracommunautaire : 3% des européens sont installés dans un autre pays que leur pays d’origine
  • Chaque année 1 million de citoyens européens part s’installer dans un autre Etat-membre

Une vue d’ensemble des migrations européennes :

Il est possible de distinguer 3 types d’immigrations :

  • Le travail
  • La libre circulation
  • Les autres (réfugiés politiques etc.)

La circulation des hommes permet de créer un espace européen, une culture européenne, la mobilité de la main d’œuvre devrait permettre l’absorption du chômage.

Les pays d’accueil sont concentrés au nord de l’Europe : Allemagne, France, Angleterre, Suède et l’Autriche. Avec la crise économique, on constate une baisse de l’attractivité des pays du sud de l’Europe. Les pays les plus attractifs ne sont pas forcément les plus performants : ex : l’Angleterre est aussi attractive que l’Allemagne, cela est dû à l’attrait de la langue.

La majorité des immigrants viennent de pays tiers et non de l’Europe. Les personnes les plus mobiles restent les jeunes.

La crise de 2007/2008 a un effet très marqué mais pas pour tous les pays européens. Tous les pays étant touchés, l’immigration intra européenne recule.

Divergences économiques : -flux de l’Europe du Sud vers l’Europe du Nord

-flux de l’Europe de l’est vers l’ouest : différentielle de revenus très important même si la crise économique est présente dans ces pays. Par exemple, l’Allemagne connait une forte hausse des immigrations grâce un impact de la crise moins sévère que les autres pays européens.

Le cas de la France : le poids de l’immigration dans les finances publiques (Lionel Ragot)

Cette méthode consiste à comparer les bénéfices que les immigrés perçoivent de la sphère publique (prestations sociales, éducation, santé) et leurs contributions aux finances publiques. On remarque que les immigrés profitent moins des retraites que les natifs, plus des prestations de logement, moins des prestations pour la santé, et plus du RMI.

Les immigrés contribuent moins à l’impôt sur le revenu travail et sur les impôts locaux.

L’idée répandue est que les immigrés contribuent moins qu’ils ne perçoivent. Or on remarque que cela est faux, au vu des analyses chiffrées.

Le cas de l’Espagne (Antonio Izquierdo)

L’Espagne est l’un des pays les plus représentatifs de l’impact la crise économique sur les migrations européennes. En effet, l’Espagne était connue comme une terre d’immigrations mais avec la crise, l’émigration s’est développée. Avec un taux de chômage qui a doublé entre 2008 et 2014, passant de 16.5% à 34%, et la suppression de plus d’un million d’emplois, l’émigration d’espagnole s’est fortement accrue. En 2013, plus de 72 000 espagnols ont quitté l’Espagne pour aller principalement au Royaume Uni (22 000), en France (17 000) et aux Etats-Unis (15 000).

La crise économique semble avoir touché de façon plus importante les populations immigrantes. On remarque que les immigrés ont un taux de chômage plus élevé que les espagnols 34.1% contre 23.1%.

Néanmoins l’Espagne reste un pays ouvert à l’immigration, en effet l’évolution des attitudes face à l’immigration montre une stabilité du rejet, et une hausse des ambivalents. (26% tolérants, 37% ambivalents et 37% contre en 2012)

L’immigration soulève plusieurs défis :

  • Défi démographique : permettre une dynamique démographique que l’Europe perd au fil des années : la population vieillit rapidement dans les pays européens.
  • Défi de l’intégration sur le marché du travail : pourcentage du taux de chômage plus élevé pour les immigrants que pour les natifs.
  • Défi politique : inquiétude croissante par rapport à l’immigration / Difficulté à l’immigration : langue, portabilité des droits ex : la retraite, politique. Hostilité croissante notamment envers les migrations intra-européennes (nouveaux entrants dans l’Union européenne) pas seulement due à la crise.

La crise économique a bouleversé la carte de l’immigration européenne et a soulevé de nombreux défis que les gouvernements devront résoudre.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014
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