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Compte-rendu réalisé par Julie ASLANIAN, Audrey DESSIAUME et Zoé POTHET, étudiantes CPGE ENS Spé.

Conférence Economie du bonheur

par Claudia SENIK, professeur Paris Sorbonne

ENS Lyon – Octobre 2014

1)Méthode d’évaluation du bonheur

La méthode traditionnelle utilisée par les économistes est celle des préférences révélées par l’action. Le prix est le reflet de la valeur sociale des choses. Cependant une multitude de biens et services ne peuvent pas être achetés, comme l’interaction sociale ou encore les externalités. Afin de compléter l’approche des économistes, il est courant d’utiliser une approche subjective cherchant à déterminer par des enquêtes la perception des individus (par exemple sur leur qualité de vie, leur niveau de bonheur). Bien qu’étant une mesure approximative, le questionnement direct est une manière de rendre de compte des différences d’appréhension. Il est intéressant de suivre les résultats d’année en année pour établir une comparaison.

Ex : de 1945 à aujourd’hui, le niveau de vie a augmenté, mais le niveau de bonheur des citoyens n’a lui pas augmenté.

2. Corrélation croissance/bonheur

Différents facteurs influencent les réponses : la croissance, le plein emploi et le niveau de salaire, résultant d’une bonne conjoncture économique, engendrent une plus grande satisfaction pour les individus.

Le paradoxe d’Easterlin, mis en évidence par l’économiste du même nom en 1974, explicite que la hausse du PIB n’engendre pas simultanément une hausse du bien-être des individus.

Il est ainsi légitime de se demander si la croissance est nécessaire au bonheur des individus.

Certaines études démontrent qu’au sein d’un même pays les habitants les plus riches se déclarent plus heureux que les plus pauvres. De plus, les habitants des pays riches expriment un plus grand bien-être que les habitants des pays pauvres. Claudia SENIKdéveloppe le fait que le niveau moyen de bonheur est sensible aux cycles économiques.

Ex : Lors de la crise des subprimes, le bonheur moyen des américains a nettement diminué.

1. Mesure du bonheur

On peut représenter la relation entre revenu par tête et bonheur :

Les individus les plus riches sont généralement les plus heureux mais il existe néanmoins des cultures nationales qui tempèrent cette analyse. Au Nigéria, les individus se considèrent comme heureux malgré un niveau de revenu faible. La population française estime son bien-être « peu élevé » en dépit d’un revenu approximativement dix fois plus élevé.

  1. L’herméticité des français au bonheur

Selon Claudia Senik si la population belge venait à vivre en France (deux pays ayant un niveau de revenu similaire), elle serait plus heureuse sans rien changer. De même, à l’étranger, les Français expatriés sont généralement moins heureux que les habitants du pays où ils vivent.

L’une des grande composante culturelle de la France : l’herméticité au bonheur selon les enquêtes internationales comme celles de la World Value Survey. L’évolution du revenu par tête en France, depuis la seconde guerre mondiale, est moindre par rapport aux autres pays européens. La France se considère à la fois comme grande de par la philosophie des Lumières et le prestige de la francophonie et à la fois petite au sein de l’Europe. Elle agit en pessimiste défensif : « ce monde est nouveau, il n’y a rien de bien, je ne m’adapte pas » explique C. Senik.

  1. Le bonheur et l’âge

Le bonheur croît ou décline selon l’âge : au départ, l’individu aspire à des grandes finalités, puis il se rend compte de la réalité, et revoit ses objectifs en les adaptant. Pour finir, il accepte sa vie telle qu’elle est et c’est ce qui le rend heureux.

  1. Comparaison avec autrui

La comparaison avec autrui est souvent une source de diminution du bien-être déclaré. Des économistes californiens ont mis en place une expérimentation : ils ont créé une plateforme en ligne permettant de connaître les salaires des employés d’une université. Ils ont choisi d’informer certains salariés qu’il était possible de comparer leur salaire avec d’autres, tandis qu’une seconde partie n’était pas informée. Le personnel qui gagnait moins que les autres et au courant de cet écart a déclaré être moins heureux au travail que d’autres ayant le même écart de salaire mais n’étant pas informés. Quelques années plus tard, les personnes informées avaient même quitté l’établissement.

Globalement, les individus ont tendance à déclarer « riches », les personnes qui gagnent deux fois le montant de leur salaire net. Un « riche » est donc celui qui gagne 4000€ quand on en gagne 2000€, 8000 quand on en gagne 4000€.

Pour les individus, la notion d’inégalité est acceptable si cela se justifie et qu’il y a une notion de mérite, mais pas si elle résulte du hasard. Selon Marx, tout enrichissement des uns, entraine l’appauvrissement des autres. La perception de l’inégalité, et son incidence sur le bonheur, dépend de la culture. Exemple : 2/3 des européens pensent que si les pauvres sont pauvres, c’est parce qu’ils n’ont pas de chance. La même proportion d’américains pense que c’est parce qu’ils n’ont pas assez travaillé.

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Prepa ENS Spé - dans JECO 2014

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  • : Prépa ENS Spé du lycée La Martinière Duchère à Lyon. Formation publique en 1 an post bac+2, préparant aux concours administratifs, aux concours des écoles de commerce (admission niveau master) et à l'Ecole Normale Supérieure.
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